‹ La vie littéraire de StendhalChapitre 112 sur 127 · VI. Stendhal et la Girafe · texte numérisé non relu

VI. Stendhal et la Girafe

Le copieux Erratum de la Correspondance de Stendhal, dressé à la loupe par Casimir Stryienski, dans la Revue critique du 4 mars 1909, renferme, à son tour, une erreur qui mérite une petite rectification ; car cette dernière précise la rencontre d'Henri Beyle avec un personnage qui eut son heure de célébrité, sous Charles X.

P. 176, Stryienski écrit : « II, 462, on lit : 3/iie Sophie, sa sœur, sa mère, nous sommes allés... au devant de la Girafe. — ■ Mais qui est cette girafe ? C'est Victor Jacquemont : une petite note eût été nécessaire à cet endroit. »

La lettre de Stendhal est datée du 2 juillet 1827, et il annonce qu'il a fait cette promenade en bateau, le 30 juin. Or, le 28 juin 1827, Jacquemont était à New-York, d'où il écrivait à son frère une lettre qui figure dans sa Correspondance Inédite (Lévy, 1877, tome I, p. 144) et il y était encore le 10 juillet ; il ne pouvait donc pas se trouver à Villeneuve- Saint-Georges le 30 juin.

C'est bien au devant d'une vraie girafe que Beyle allait en compagnie de M"^^ Cuvier et de ses

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filles. En effet, si nous en croyons un contemporain, Louvet, « c'est en 1827 que parut pour la première fois une girafe vivante en France, Elle était envoyée au roi par le pacha d'Egypte, et fut remise au Jardin des Plantes. On se souvient encore du succès phénoménal qu'elle y obtint. Jamais la ménagerie n'avait reçu tant de visiteurs ; pendant des mois, la girafe fut l'objet de toutes les conversations, on ne parlait que d'elle sur la scène, on la chanta sur les orgues de barbarie et la mode donna son nom à une foule de créations fantasques. »

Egaré par la manie de Beyle et par la taille de Victor Jacquemont (cinq pieds dix pouces, au dire de Mérimée), Stryienski a vu un sobriquet où il y avait simplement le nom d'un mammifère dont l'ari'ivée en France excita la curiosité de tout le monde — y compris Stendhal.

VIL Stendhal... cuisinier

On sait que dans les Privilèges du 10 avril 1840 ^ Henri Beyle a exprimé ses desiderata, rédigés sur le modèle du Code civil, en 23 articles très curieux. Voici les souhaits gastronomiques énoncés à l'article 16 :

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