Revue Indépendante. Janvier-février
« En tout lieu, le privilégié après avoir dit : Je prie pour ma nourriture, trouvera : deux livres de pain, un bifteck cuit à point, un gigot idem, un plat d'épinards idem, une bouteille de Saint-Julien, une carafe d'eau, un fruit et une glace, et une demitasse de café. Cette prière sera exaucée deux fois dans les vingt-quatre heures. »
Ce menu simple et copieux révèle une conscience tranquille et un robuste appétit. Ah ! dame, nous sommes loin du morceau de suif que Beyle avait acheté vingt francs, dans la retraite de Russie, — déjeuner succulent dont il se souvenait plus tard avec délices. C'était un menu de guerre : l'autre est un menu de prospérité, que les organisateurs du banquet des Rougistes pourraient adopter en mémoire de Stendhal. Et pour satisfaire tous les goûts, en restant dans la tradition, on ajouterait, au besoin, un plat de légumes, dont M. Henri Second nous a donné la recette sous le titre :
Pommes de terre à la Stendhal ^.
Faites frire avec de l'ail
Que Raspail Non sans raison recommande Pommes que nous couperons
En grands ronds Minces comme une limande.
Ayez un plat à côté,
Bien frotté D'une gousse toute crue