I. Stendhal et ses Lwres (Documents inédits
Les Notes marginales de Stendhal, publiées avec commentaires par M. Blanchard de Farges ^, mentionnant l'existence d'une « annonce-réclame » sur V Histoire de la Peinture en Italie, « rédigée à n'en •pas douter par Stendhal lui-même », nous avons tenu à éclaircir le fait, d'autant plus que ce prospectus laissait à supposer une édition de l'ouvrage, datant de 1815 : c'était à la fois de l'inédit et de... l'inattendu ! Voici le résultat de nos recherches, que nous croyons susceptible d'intéresser nos lecteurs.
On sait que V Histoire de la Peinture en Italie, publiée au mois d'août 1817, n'eut aucun succès
i. Le Correspondant, n° du 25 septembre 1909.
LA VIE I.ITTÉRAlnE DE STENDHAL. 1
à son apparition : à peine s'il s'en vendit quelques exemplaires. Seul dans la presse, Louis Crozet en avait rendu compte au Moniteur, en un article « mutilé par le journaliste » (n*^ du 23 septembre), qui fit un peu connaître cet ouvrage, que l'ami d'Henry Beyle, en cela peut-être unique au monde, « savait par cœur ^ ». Le brillant feuilleton que Lingay consacra plus tard à l'œuvre de Stendhal, dans le Journal des Débats (n^ du 6 mars 1818), désavoué trois jours après, n'eut pas, sur la vente, une influence heureuse. Cette publication, pour laquelle Stendhal s'était endetté de 1.400 francs chez Didot, ne laissait pas de préoccuper l'auteur, impatient de se libérer.
Se trouvant à Grenoble le 14 avril 1818, Beyle écrit au baron de Mareste : « Je vois chez Falcon ^ que, pour vendre, il faut force prospectus. Si nous faisions imprimer chez Chanson le 1^^ article qui a paru et le second, le tout sur papier fin et en très petits caractères ? On ferait timbrer cela à trois centimes par exemplaire. Il faudrait obtenir du Journal du Commerce et du Journal de Paj'is, d'envoyer cela dans le journal ^. » De retour à Milan, huit jours après, Beyle revient à la charge, persuadé qu'une grande publicité peut seule réparer l'échec de son ouvrage. « Je vois sous mes yeux, chez