A M. E. DES E
Giverny, par Vernon (Eure).
Ce 3 septembre 1893.
Mon cher ami,
L'Église catholique est-elle, comme tu le penses, dans une voie de transformation? Ou bien courbet-elle seulement l'échiné en attendant l'heure de la revanche ? Si elle cherche vraiment à se transformer, en quoi consistera précisément cette transformation?
Aussi longtemps que la majorité républicaine sera libérale, l'Église sera moins dangereuse, parce qu'elle sera moins puissante, mais si la majorité passait aux catholiques « raUiés », leur influence rétrograde se ferait immédiatement sentir.
C'est le 8 décembre 1864 que le pape « infaillible » Pie IX a proclamé, ex cathedra^ le Syllabus cornplectens principuos œtatis nostrœ errores.
L'erreur fondamentale, source de toutes les autres, est ft le principe absurde du naturalisme. »
Le souverain pontife qualifie de folie, « deliramentum, » Topinion que la liberté de conscience est un droit propre à chaque individu. Cette odieuse liberté n'est pour le pontife infaillible qu'une liberté de per^
dition.
« La société civile, dit le pape, doit reposer sur la religion. Le pape est investi d'autorité sur tous, et les rois ri ont reçu leur pouvoir que pour le communiquer à V Eglise, »
En conséquence, le pape condamne toute philosophie, aussi bien que l'indifférence en matière de religion.
Il condamne formellement « le libéralisme » et les autres erreurs qui en dérivent : mariage civil, divorce, etc. L'article 80 du Syllabus déclare hérésie la proposition suivante : « Le pape peut et doit se réconcilier et composer avec le progrès, le libéralisme et la civilisation contemporaine. »
Les laïques doivent obéir au clergé, comme le clergé doit obéir au pape.
Et ce clergé veut non seulement conserver son indépendance à l'égard du gouvernement et reconquérir, par le suffrage universel, ses anciens privilèges; il veut l'autorité effective sur les laïques et il
aspire à remettre au service de l'Église la puissance séculière.
L'ancien parti catholique a toujours prétendu que l'Église avait le droit de contraindre les laïques à l'obéissance et devait, pour les y contraindre, emprunter sa force à l'État.
Comme l'État ne se prête plus à cette exigence de l'Église, le clergé veut être au pouvoir, pour reconquérir son pouvoir.
Le danger politique étant dans la restauration du pouvoir de l'Église, c'est donc sa victoire politique qu'il nous faut empêcher.
Ce n'est point en faisant du socialisme chrétien qu'on remédiera au socialisme révolutionnaire.
Le socialisme chrétien lui-même ne m'inspirerait aucun enthousiasme. Il est tout aussi dangereux que l'autre.
Jésus était un mystique qui croyait à la fin du monde et qui l'annonçait prochaine; il l'ajournait, au plus, à la distance d'une génération : « Faites pénitence, disait-il, car le royaume de Dieu est proche. Avant que les apôtres aient fini de porter la bonne nouvelle à toutes les villes d'Israël, le fils de l'homme apparaîtra, dans la gloire de son père, avec ses anges et le règne du Messie commencera. »
Le royaume de Jésus n'était point de ce monde et c'est pourquoi ses préceptes ne sauraient s'y appliquer.
L'Évangile n'inspire point le goût du travail, il ne
commande pas le labeur indispensable à la société ; loin de recommander Tépargne, Téconomie nécessaire dans toute grande famille qui veut progresser et vivre, Jésus propose, à ceux qui le suivent, d'imiter les lis qui ne travaillent ni ne filent, ou les oiseaux du ciel nourris sans rien faire comme des moineaux mendiants.
Le plus dangereux communisme se trouve dans rÉvangile où Ton rechercherait en vain Tamour des riches et le respect de la propriété. Dans aucun Évangile, on ne trouve la moindre exhortation au travail ou à Tétude sans lesquels les sociétés modernes ne peuvent vivre.
Les révolutionnaires actuels peuvent très bien associer leurs efforts à ceux des socialistes chrétiens; ils le font en Allemagne comme en France, d'autant plus aisément que les premiers chrétiens étaient eux-mêmes des communards ayant mis It^s biens en commun.
Le communiste Babeuf se trouvait parfaitement d'accord avec le sans-culotte Jésus.
Chez les Juifs il y avait deux sectes, les Pharisiens que Jésus détestait et les Esséniens que Philon nomme aussi les thérapeutes.
Les Esséniens fondaient leur société sur la communauté des biens; ils avaient établi ce que rêvait Gracchus Babeuf, 2a République des égaux.
Jésus était de la secte des Esséniens ; il avait été élevé parmi eux. 11 condamnait comme eux ceux
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qui possèdent; il n'a fait, dans son enseignement, que rectifier quelques points de leur doctrine, mais non ceux qui touchaient aux relations sociales des riches et des pauvres.
Il était foncièrement socialiste et communistecollectiviste. Les Esséniens dont il faisait partie ont été les instituteurs de toutes les communautés de moines, les modèles de la vie monastique et le type immédiat des premiers chrétiens, C'est pourquoi les plus dangereux révolutionnaires ont toujours été les socialistes qui se sont réclamés de l'Évangile.
Ainsi Wicleif en Angleterre à la tête de ses cent mille loUards révoltés ; ainsi Muncer en Allemagne, car on ne peut nier que ses anabaptistes ne fussent bien chrétiens.
Que leur disait-il que nos modernes socialistes et \ collectivistes ne puissent, dans les mêmes termes,
répéter aujourd'hui?
« Nous n'avons tous qu'un même père, nous sommes tous les enfants d'Adam. D'où vient donc la différence des rangs et des biens? Pourquoi gémissons-nous dans la pauvreté, tandis que d'autres nagent dans les délices? N'avons-nous pas droit aux . biens qui, par leur nature, sont faits pour être
distribués entre tous les hommes? »
Jésus n'a-t-il pas condamné les riches de son temps?
Et s'adressant alors aux riches de son siècle, Muncer ajoutait : a Rendez-nous les trésors que vous
détenez injustement. C'est à mes pieds qu'il faut les apporter, comme on les apportait jadis aux pieds des premiers apôtres. »
Quand le landgrave de Hesse dispersa les anabaptistes du mystique Muncer, ils étaient près de quarante mille, tous pleins de foi dans sa parole ; ils furent heureusement vaincus dans cette rencontre, quoiqu'il leur eût promis d'arrêter les boulets avec la seule manche de sa robe.
Réformés après sa mort, ils firent de Munster le siège de leur empire. Mystique chrétien comme Muncer, Jean de Leyde dépassa tous nos révolutionnaires et communards contemporains : il ordonnait le sac des maisons bourgeoises. Voilà avec quelle facilité les passions populaires s'enflamment à la prédication du socialisme chrétien.
Voilà pourquoi le socialisme catholique de M. de Mun ne me dit rien qui vaille. Toutes les sectes religieuses, non pas seulement au moyen âge, mais encore aujourd'hui, ont vu dans la communauté des biens l'esprit même de l'Évangile. L'idéal de la République des égaux était identiquement celui des Essénïens et de l'Évangile. Le socialisme chrétien, mêlé à celui des Marxistes, aboutirait vite au babouvisme.
Le christianisme fut une folie, un égarement mystique, un vertige, qui a pu s'élancer vers le paradis aux âges de foi naïve, mais qui, plus naturellement encore, dans un temps de critique et de
science positive, voudra réaliser sur la terre le royaume de Dieu où les premiers doivent être placés violemment les derniers. L'égalité qu'il prêche sera toujours une arme dangereuse entre les mains des promoteurs politiques du socialisme chrétien.
Socialiste chrétien, M. de Mun dit et répète dans tous les centres ouvriers : « Ce qu'il faut protéger, ce n'est pas le capital, c'est le travail.
» Il y a deux manières d'entendre la lutte sociale : la concentration avec les capitalistes, ou la concentration avec le peuple. »
En toutes circonstances, dans tous les cercles ouvriers, M. de Mun s'élève contre les privilèges de la classe bourgeoise, contre ces privilèges dont jouit, leur dit-il, depuis un siècle, le capital.
Comme si la justice sociale régnait auparavant!
Suivant la doctrine évangélique, qui est prêchée par M. de Mun, il ne devrait plus y avoir de propriété individuelle, parce qu'elle constitue un privilège. Cela est bien la doctrine de l'Évangile, la doctrine essénienne de Jésus ; mais voilà ce qui est dangereux et révolutionnaire.
Pour faire les affaires de l'Église, tous les moyens sont bons.
M. de Mun, lui, prend systématiquement parti pour le travail contre le capital, pour les ouvriers contre les patrons; il prêche la guerre sociale et tient partout un langage analogue à celui des chefs du parti socialiste militant.
Il veut, comme eux, la ruine de la République actuelle, non pour établir un socialisme athée, mais parce qu*il rêve au contraire uue théocratie socialiste élevée sur les ruines de la société bourgeoise de 1789.
De concert avec le baron Reille et leurs amis, il a promis aux prêtres et aux évêques d'organiser leurs forces sur le terrain politique. D a déclaré à la Chambre qu'il ne se laissera point séduire par la modération apparente de ses adversaires et que, malgré leur douceur, il restait leur implacable ennemi.
Et, a-t-il ajouté : « Si le réveil du pays doit être le signe avant-coureur d'un changement profond dans les institutions publiques, notre devoir n'en sera que plus grand; nous n'aurons plus seulement à repousser les tentations et les tentatives du présent, mais à préparer les œuvres du lendemain, o C'est pourquoi son programme doit être un programme de gouvernement.
« Nos ennemis, dit-il, veulent constituer l'État tout entier en dehors des institutions et des préceptes de l'Église. Nous voulons, nous, la puissance de l'Église, C'est la rencontre suprême de l'Église et du rationalisme. »
Sans y mettre la même étiquette, sous un nom légèrement modifié, M, de Mun a reconstitué l'ancien parti catholique que nous avons vu faiblir à la mort de Louis Veuillot.
Chaque fois qu'il trouve occasion de développer son programme, qui n'est pas seulement le sien, mais celui de Tunion catholique tout entière, M. de Mun ne dissimule pas qu'il veut faire de rÉglise le point central de la résistance contre le rationalisme.
Voilà ce qu'il y a surtout au fond de ce grand amour du peuple qui inspire la création de tant de cercles ouvriers. Leur chef veut, pour l'Église :
La protection publique du culte catholique redevenu religion d'État;
Le droit pour les associations religieuses de se fonder sans contrôle et de se développer librement;
La liberté complète du seul enseignement clérical ; et, « comme minimum, le retour aux lois de 18S0 et de 1875. »
Il veut l'abrogation de la loi du divorce;
Pour le peuple, une organisation « corporative sous la tutelle de la religion. »
Pour soutenir un tel programme, on comprend avec quel zèle tous les congréganistes, tous les religieux, toutes les forces cléricales font une active et une incessante propagande. Dans tous les départements, dans tous les arrondissements, dans tous les cantons, dans toutes les communes, l'union catholique a des représentants, hommes et femmes, qui travaillent sous «la direction occulte dos Jésuites auxquels il est, jour par jour, rendu compte de tout.
Poussés par eux, tous les moyens sont bons à cette ligue secrète pour étendre et pour augmenter son influence.
Une souscription permanente est ouverte et l'argent ne leur manque pas.
L'union catholique espère, en peu d'années, arriver au pouvoir. Aussitôt M. de Mun supprimera l'enseignement laïque, le prêtre ou son représentant ayant seul le droit d'enseigner. Les écoles seront placées sous la surveillance de l'Église, depuis les Facultés jusqu'aux crèches.
Tout ce qui est enseigné contrairement à la doctrine catholique devant être interdit, aucun libre penseur n'aura plus le droit d'enseigner.
Le parti de M. de Mun et des évêques est plus dangereux qu'un parti purement politique. Les prêtres et les moines ne sont pas, comme nous laïques, des citoyens ayant des préférences avouables et discutables :
Us veulent sauver les âmes et là est le danger.
Tous les moyens sont bons pour un but infini. Qu'est la terre en face du ciel? qu'est ce misérable temps en présence de l'éternité? Jamais la paix, disent-ils, ne se fera entre l'Église et l'État, tant que celui-ci ne reconnaîtra pas qu'il traite avec une société parfaite, divine par son but et son institution, — avec une puissance souveraine, qui doit conserver ses droits supérieurs à tout autre droit; car, disentils et répètent-ils sans cesse dans la Croix, dans
l'Univers comme dans leurs Semaines religieuses : « Il n'y a pas de droits de l'homme contre les droits de Dieu. »
Dieu, c'est eux. Ils savent ce que Dieu pense et ils parlent en son nom. Nous n'aurons plus qu'à obéir. « Il faudra bien que la France marche », comme le disait notre amiBaragnon.
A côté de M. de Mun, M. le baron Reille a déclaré récemment à Paris (8 mars 1893) que le grand parti catholique avait pour cadre le clergé lui-même, « Dans cette mobilisation électorale, a-t-il dit, vous êtes l'armée catholique, les cadres sont faits; cherchez de nouveaux soldats, d
C'est par le socialisme chrétien qu'on les veut embaucher et séduire. Le congrès des catholiques militants s'est tenu à Paris, en vue des élections der-
nières, sous le patronage du journal la Croix et sous la présidence du R. P. Picard de l'Assomption, que je connais bien puisqu'il était déjà à l'Assomption du temps où j'y étais élève avec Numa Baragnon et du vivant du Père d'Alzon. Je connais parfaitement leurs espérances et leurs désirs. Ce sont des ambitieux dont on ne peut imaginer l'orgueil. Dédaigneux des places, des broderies, ils veulent dominer les esprits et gouverner les âmes. Après avoir essayé de la légitimité de la fusion, du comte de Paris et de Boulanger, le tout vainement, ils font maintenant corps et alliance avec les socialistes pour arriver par eux à restaurer leur pouvoir.
Le socialisme, chrétien ou non, pourrait nous préparer une nouvelle invasion de barbares.
Tout socialisme est un esclavage. Déjà, dans l'ancienne Chambre, M. de Mun, l'évoque Freppel et leurs coreligionnaires ont proposé de rendre obligatoire le repos du dimanche. Us réclament aussi l'intervention de l'État pour limiter la durée du travail, les autres jours de la semaine. Cette intervention de TEtat nous conduirait bien vite au socialisme d'État. Et si les évoques triomphaient, nous aurions l'État catholique faisant du socialisme chrétien. S'ils échouent, l'Évangile que prêche M. de Mun est un mauvais protecteur de la fortune, de la richesse acquise, de l'industrie, de la propriété individuelle et des héritages.
Ce qui me rassure, ce n'est point la doctrine sociale de l'Évangile qui est le communisme le plus odieux ; ce sont les conditions générales de la civilisation présente.
Je considère la propriété individuelle comme inattaquable, ou du moins invincible, tant qu'elle aura pour défenseur la foule innombrable des petits propriétaires fonciers. Au point de vue de la grande culture, on s'afflige parfois du trop grand fractionnement du sol et de son exploitation parcellaire. 11 y a pourtant dans ce fait une garantie sociale évidente.
Cette division parcellaire de la propriété rurale en assure la force ; la base en est si large en France
qu'on ne la saurait renverser. Le grand nombre des petits détenteurs du sol le protège contre tout partage. C'est par là que nous échapJ)erons au collectivisme des socialistes, chrétiens ou non.
Tu me demandes si M. de Mun n'est pas plus près de moi que MM. Guesde, Lafargue, AUemane ou Vaillant? — Non; il est plus loin de moi parce qu'étant catholique il habite un autre monde.
Le XVIII® siècle nous sépare, lui qui a mis la tolérance au lieu du fanatisme et la raison à la place de la superstition. Je combats également le socialisme chrétien et la démagogie collectiviste qui seraient une égale servitude.
Je sais bien que leur socialisme n'est qu'un moyen de leurrer les ouvriers et de tromper les foules ignorantes.
Maintenant qu'elle n'a plus le trône pour appui, il faut à l'Église le nombre.
Aussi emploie-t-elle tous les procédés nécessaires ou utiles pour le séduire. Ce que veut l'union catholique c'est, — par le suffrage universel, — arriver à la majorité dans la Chambre. Une fois au pouvoir, M. de Mun fera régner et gouverner l'ÉgUse. Nous aurons le gouvernement des Jésuites. Le danger sera alors un danger catholique et non plus un danger chrétien. Car il n'y a rien de moins chrétien qu'un Jésuite. Mais jusqu'au jour de la victoire, dans ce rôle d'opposition où je pense et j'espère qu'il va demeurer longtemps, M. de Mun, avec sa guerre au
capital et son socialisme chrétien ou essénien, fait le jeu des pires révolutionnaires qui ne sont pas plus ni autrement communistes que lui.
VAmi du clergé, revue des questions ecclésiastiques, vient de publier, sur TEncyclique politique du 16 février 1892, une consultation rédigée par son rédacteur en chef, M. Tabbé F. Perriot.
Cette consultation a pour but de faire connaître aux catholiques de France leur devoir relativement à la direction politique qui, — dans l'intérêt supérieur de la religion, — leur a été donnée par « Sa Sainteté le pape Léon XIII ».
En intervenant, comme il Ta fait, dans les affaires de France, le souverain pontife s'est inspiré des circonstances transitoires dans lesquelles nous nous trouvons. Le meilleur moyen de rétablir en France la monarchie est, pour les royalistes catholiques, de se dire actuellement républicains.
La thèse du pape est ainsi résumée par VAmi du clergé.
Une forme de gouvernement qui pouvait invoquer en sa faveur le droit que consacre une longue série de siècles, les avantages qui font de la monarchie la meilleure des formes de gouvernement, et de l'hérédité Tune des conditions les plus assurées de la paix et de la prospérité sociales, la conformité la mieux constatée avec le caractère de la nation, a été remplacée par une forme de gouvernement issue
doctrinalement de terreur de la souveraineté populaire, historiquement d^une révolution sanglante, imposée à plusieurs reprises par l'émeute, associée aux entreprises les plus condamnables et les plus funestes contre l'Église et la religion, livrée à la puissance de la franc-maçonnerie dont elle semble n'être que l'instrument. Ne semblerait-il pas qu'on dût faire la guerre sans trêve ni merci à un tel gouvernement et que, dans l'impossibilité où il semble qu'on soit de l'amener à respecter la religion , on fût autorisé à employer tous les moyens pour le renverser ?
C'est contre cette conclusion inopportune que Léon XIII a parlé.
11 établit que les royalistes doivent accepter le gouvernement républicain, parce qu'il est le gouvernement de fait, qu'ils ne peuvent, d'ailleurs, renverser.
« Mais ces formes ne sont pas immuables. Le temps pourra les modifier et les remplacer.
» Si donc un coup de force cm des menées politiques viennent à faire pour la forme républicaine ce qui s'est fait par ce moyen contre les formes monarchiques qu'elle a remplacées, ce que dit Léon XIII de l'acceptation actuelle de la République s'appliquerait, sans la modificatio7i d'un iota, au nouveau gouvernement (monarchique) une fois qu'il sera établi. »
Voilà comment les royalistes de France peuvent entrer joyeusement dans la voie politique tracée par
le pape. Et « par Tobéissance qu'ils doivent au pape docteur et pasteur suprême, ils sont tenus, dit rAmi du clergé, d'entrer dans la voie que le pape a tracée, tant que les circonstances resteront ce qu'elles sont. »
Il est évident que, pour changer les circonstances au gré de leurs désirs, la meilleure politique est, pour les royalistes, celle que leur a conseillée puis ordonnée le pape.
Malgré les éléments d'intolérance et d'obscurantisme, tu crois à l'action modératrice de l'Église.
Tu redoutes la nouvelle invasion des barbares que prépare le socialisme.
— Sous l'inspiration de Léon XIII, l'Église, dis-tu, se montre favorable aux réformes sociales, hostile aux utopies socialistes.
— L'Église peut être ennemie de la science, mais les socialistes sont la Vendée rouge.
— La civilisation doit résister aux barbares par des lois draconiennes; par la restriction de la liberté de la presse; mais elle doit prendre des mesures de justice bienveillante envers les travailleur.
Voici ma réponse :
Le socialisme chrétien est-il beaucoup moins dangereux que l'autre?
Pourquoi si l'Église retrouvait sa puissance par le
suffrage universel, pourquoi le passé ne reviendraitil pas? La doctrine catholique a-t-elle changé? U Église doit être intolérante.
Ce qui empêche TÉglise d'être actuellement intolérante, c'est qu'elle ne peut pas l'être. Si elle le pouvait, elle le serait.