‹ La vie littéraire; notes et réflexions d'un lecteurChapitre 8 sur 67 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Tableau physique et moral du moyen âge. — Influence funeste de l'Église. — La Vie littéraire détruite. — Persécution des savants et des libres penseurs. — Renaissance de la liberté d'examen au xvi* siècle. — Montaigne, affranchisseur d'âmes.

— Rabelais : Tabbaye de Thélème. — La Compagnie de Jéstis se fonde contre les hérétiques et les libres penseurs. — Apologie naïve des Jésuites par le Père de Ravignan. — Leui religion, qualifiée par d'Aguesseau. — Régicides armés par eux. — Casuistes, instigateurs de péché. — Leur dévotion, pénétrée par Montesquieu. — Ont contre eux Bossuet, Pascal.

— La confession est un de leurs moyens d'espionnage. — Pratiques puériles, blâmées par Benoît XIV. — Paris dominé par le Sacré-Cœur. — Réhabilitation de Clément XIV contre leurs calomnies, par le Père Theiner. — Leur fourberie et leur puissance temporelle. — Leur expulsion. — Leur flétrissure par révêque de Montpellier.

Jetons un regard en arrière sur Taffreux moyen âge et sur les progrès de la pensée depuis le xvi® siècle.

L'Église, au moyen âge, foule aux pieds la morale humaine. Elle condamne et corrompt la douceur de vivre ; elle sacrifie la vie et les hommes à ses prêtres, à ses évêques, à ses papes et à ses conciles qui punissent Thérésie et règlent l'existence uniquement

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en vue de cet autre monde chimérique que ces mystiques ignorants veulent faire prendre pour réel, et qui est, peut-être, à leurs yeux, la seule réalité.

Le moyen âge ! -c'est le régime absolu de la théocratie chrétienne. L'idéal antique qui avait soutenu la vertu romaine, qui avait inspiré la conduite virile d'Aristide, de Léonidas, de Régulus et de Scipion, n'existe plus. Des capucins les remplacent. L'idéal chrétien, — prêché plus que pratiqué par les moines, — est alors le sacrifice de toutes les jouissances humaines, sacrifice dévotement fait dans l'espérance d'entrer au paradis.

Le peuple ne lisant pas, les fidèles — crédules — ayant perdu tous les moyens de s'instruire et de s'éclairer; n'ayant pour se conduire que les enseignements de l'Église, ont l'imagination obsédée de ces deux images : Dieu et Satan, le ciel et l'enfer, le siècle et ses périls, l'Eglise et le salut, qu'elle tient. Le sort éternel de tous est entre les mains du clergé qui règne et s'enrichit par celte productive croyance.

Il serait bon de se donner quelquefois le spectacle de ce que l'ignorance, jointe à ce mysticisme chrétien, avait fait de la vie humaine et de la société civile.

L'histoire du moyen âge, toute l'histoire de ce temps odieux, opprobre de l'esprit humain, forme une ombre noire contrastant avec l'aurore de la civilisation moderne ; cette lamentable histoire est, dans la vie privée, le tableau des résistances de la nature

et du bon sens aux violenœs que leur fait l'ascétisme, Toppression cléricale, et, dans la vie publique, la suite des résistances de l'État aux ambitieuses entreprises des papes et aux empiétements incessants de l'Église sur l'autorité temporelle.

Les dix siècles du moyen âge nous montrent, dans son plus beau jour, cette influence néfaste et funeste de l'Église qui régnait alors sur les âmes, (^t qui régnait seule.

Quand on a une pareille histoire, un si honteux passé, on ne devrait plus avoir l'audace de réclamer encore la direction des esprits. L'intolérance, la cruauté, la barbarie et la férocité de ces bons catholiques, la crédulité, la malpropreté physique et morale de ces très fidèles chrétiens font horreur.

L'attente de la fin du monde ne fut pas un phénomène spécial à l'an mil. Pendant plusieurs siècles, chaque génération crut être celle qui devait assister à la fin du monde et cette crainte pieuse fut dévotement entretenue par ceux-là qui en profitaient.

Le travail étant méprisé, arrivent les famines ; les soins du corps étant négligés, vient la hideuse lèpre ; l'Europe est couverte de brigands et de lépreux; l'ignorance est complète et générale. Ces dix siècles barbares n'ont rien ajouté à la culture humaine ni à la connaissance de l'homme.

Jusqu'au soleil levant de la Renaissance, c'est une nuit horrible, pleine de cauchemars, de visions mystiques et d'hallucinations, nuit de dix siècles qui

n*est éclairée, -— comme une nuit d*orage l*est par les éclairs, — que par la flamme des bûchers.

Les Lettres antiques sont perdues, les humanités et les ails méprisés, tout ce qui n'a point pour but et pour effet d'augmenter la puissance des prêtres et la terreur des peuples est honni.

Les livres latins et grecs ne sont pas lus. Ils servent à ces moines retirés prudemment, — loin des guerres incessantes, — dans leurs couvents, à faire leurs sots palimpsestes ; ils remplacent ainsi les pensées de Lucrèce, de Sénèque et de Marc-Aurèle par leurs litanies.

Toute science, toute recherche rationnelle est proscrite. Aristote, mal compris, règne sous le nom de saint Thomas; Platon, mal entendu, sous le nom de saint Augustin. Tons les deux sont lardés de Taffreuse mythologie chrétienne. Et la stérile théologie a si bien absorbé Aristote que les adversaires d' Aristote sont brûlés comme hérétiques.

Loin de tenter une découverte, une observation directe ou une expérience quelconque, TÉglise, — qui a tout dans la Bible, — persécute Copernic ; elle brûle Giordano Bruno, elle emprisonne Galilée et le force à se rétracter sous peine de la vie.

Malgré toutes ces violences, malgré tous ces efforts pour éteindre toute lumière, la libre pensée reparaît, la science renaît, se développe et la ruine.

Avec Rabelais et Montaigne, avec Lutheret Calvin, recommence, au xvi® siècle, la liberté d'examen.

Bientôt la libei-té entre en lutte avec l'autorité dogmatique de l'Église et la sécularisation de la morale en résulte.

Mieux que Zwingle, Luther et Calvin, Montaigne fut un grand atfranchisseur d'âmes. Il apprend à douter, c'est-à-dire à penser, à voir, à constater le vrai; il ne fait point de sectes fanatiques; il reste homme et non pas chrétien.

A la suite des sages de l'Antiquité, il ne songe qu'à la vie présente, à cette vie terrestre qu'Achille regrettait aux Champs-Elysées. Selon lui, l'existence est à elle-même sa fin. Il est sot de s'en faire des idées fausses qui conduisent à la sacrifier, et à sacrifier celle des autres à des conjectures théologiques.

Comme nous tous, Montaigne ignore le but suprême de l'univers ; il s'en tourmente peu. Il ignore également la genèse du monde et pense simplement qu'il doit être éternel puisqu'il est. Il ne fait pas de l'homme un être à part, il rapproche la condition humaine de celle des bêtes, qui toutes ne manquent pas d'esprit ; il rapproche leur instinct de notre intelligence et pense que celle-ci pourrait bien n'être que cet instinct perfectionné par l'effort et l'hérédité. Sur toutes ces questions insolubles, il pratique le doute et repousse la théologie, parce qu'une explication ff incompréhensible » ne lui paraît pas une explication.

Montaigne prend l'univers comme un fait indiscutable, les hommes comme un curieux sujet d'étude,

rexistence comme une agréable aventure dont il faut tirer le meilleur parti. A ses yeux, la morale est une science humaine, non pas une science exacte comme la géométrie, mais un art difficile qu'il enseigne dans ses Lettres à madame d'Estissac, dans son excellent chapitre sur l'éducation et dans mille endroits des Essais. Cet art, si difficile autant que précieux, c'est Yart de vivre qu'il cherche lui-même à pratiquer de son mieux comme, après lui, fera Voltaire.

Il regarde tous les hommes, si différents entre eux, si mobiles, ondoyants et divers, comme également libres de voir les choses à leur manière, de chercher, à leurs risques, la vérité, et de se faire à eux-mêmes leurs opinions, de même que lui-même il se fait la sienne. Réfléchir lui semble un plaisir. Penser lui paraît une chose aussi naturelle à l'homme que d'ouvrir les yeux.

Libre de penser, chacun doit être aussi libre d'agir. Chacun, sans nuire aux autres, doit être laissé libre de suivre sa nature et de rechercher son bonheur. Trahit sua queinque voluptas.

Rabelais, de son côté, mêle à ses ooufTonneries son excellent traité d'éducation; il esquisse son abbaye de Thélème, où chacun reste libre de faire ce qu'il voudra. Le gouvernement, pensent-ils tous deux, n'est fait que pour garantir à chacun sa propriété, sa liberté, sa sécurité personnelle, la part et le genre de bonheur qu'il aura librement choisis.

Contre Rabelais et Montaigne, contre Luther et

Calvin, contre les protestants qui mettent en péril l'unité de TÉglise, cette fameuse unité catholique a hors laquelle il n'y a point de salut », contre les Huguenots, contre les Calvinistes et les Luthériens, contre les honnêtes gens « de la religion prétendue réformée o, contre la liberté naissante et la saine morale, se lève alors, casque en tête, chapelet au poing, fourberie dans Tâme, une milice nouvelle, la Cœnpagnie de Jésus. Leur « général » les lance à la poursuite des hérétiques qui ont le malheur d'avoir des opinions particulières, il les lance à Tincessante dénonciation de ces libres penseurs et du libre examen.

Sans scrupules, capables de tout, aussi prompts à faire assassiner le roi auquel ils n'ont pas pu donner, de leur main, une maîtresse et un confesseur, qu'à faire empoisonner le pape qui les condamne et les dissout, les Jésuites, ambitieux de régner, souples, insinuants, intrigants, ûàtteurs, se faisant humbles et soumis, prenant tous les noms, toutes les formes, habiles à tous les genres d'artifices, les Jésuites grandissent, pullulent, détiennent l'instruction de toute la jeunesse, deviennent une puissance, la première autorité dans l'Église et par conséquent dans l'État, dénoncent, diffament et écrasent leurs rivaux, réussissent partout et par tous les moyens, surtout par la pratique assidue du mensonge.

Pascal a beau les attaquer, les Jansénistes honnêtes sont vaincus ; et grâce à madame de Maintenon

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aidée du Père de la Chaise, qui sont de chaque côté du roi, le jésuitisme triomphe.

La Compagnie de Jésus a été fondée le 27 septembre 1540. Dès Torigine elle s'est montrée inquiète, turbulente, audacieuse. Quand les papes ont été contraires à leur Institut, les Jésuites ont cherché à les détruire; quand le pape est enfin devenu leur esclave, ils ont proclamé son infaillibilité, afin de régner sous son nom.

Ils ont traité les rois comme les papes, prêchant le régicide contre ceux qu'ils ne pouvaient asservir.

Dès l'origine, ambitieux et souples, ces intrigants, pour étendre leur domination, ont pris tous les masques, flatté toutes les passions, courtisé tous les pouvoirs. Pour eux, la religion n'a jamais été qu'un instrument de règne.

Le troisième général de leur Compagnie, François de Borgia, sans doute moins scandaleux que le pape son grand-père, puisqu'on l'a fait saint, leur disait déjà : « Il viendra un temps où vous ne mettrez plus de bornes à votre orgueil et à votre ambition ; où vous ne vous occuperez plus qu'à accumuler des richesses et à vous faire du crédit ; alors il n'y aura puissance sur terre qui puisse vous réduire, et, s'il est possible de vous détruire, on vous détruira. »

Les Jésuites n'ont point tardé à justifier cette prophétie.

Depuis lors ils ont été accusés de tous les crimes • et chassés de tous pays.

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Comment expliquer cette réprobation ?

Le Père de Ravignaii, écrivant leur histoire, par ordre du H. P. Roothaau, qui l'avait chargé de plaider pour leur Institut, le Père de Ravignan se fait naturellement cette question .

« D'où vient, écrit -il dans cette défense des Jésuites intitulée : Clément XIII et VlénwU XIV, d'où vient cette répulsion permanente dont les enfants de saint Ignace ont été l'objet dans tous les temps et dans tous les lieux?

» D'où vient cette haine, cette horreur même du nom de Jésuite dans le cœur, non seulement des hotmnes réprouvés par leur impiété, mais encore dans le cœur de certains hommes dont la conduite, les mœurs et la piété sont connues ? Il y a là une situation que je crois à bien des égards inexplicable. »

Et l'honnête et naïf Père de Ravignan sentant l'insuffisance de son apologie pour affaiblir le témoignage de l'histoire contre la morale, la politique et l'ambition de ses confrères, ne trouve rien de mieux que^ de les placer à Tabri derrière l'Église. « Qu'on Tavoue ou qu'on le nie, dit-il, il est incontestable que, dans l'Institut de Saint-Ignace, c'est l'Église elle-même qui a été attaquée avec ses droits, ses libertés, ses prérogatives inaliénables. »

C'est possible. Mais les Jésuites ont eu, dans l'Église, un caractère particulier. « Toujours, dit d'AgUesseau, chez ces Pères, la religion fut tournée en politique. »

Et quelle politique ! Tespionnage, la délation, l'assassinat, la guerre civile.

Livrés tout entiers à l'intrigue, à la politique, au commerce, gn les voit partout riches et puissants. Bientôt ils possédèrent des établissements dans le monde entier.

Soutenus par des rois tels que Philippe II, par les papes qui comptent s'en servir comme d'une armée contre le protestantisme et la philosophie, ils bravent le soulèvement des universités, du clergé, des hommes d'État, des philosophes. Soldats dévoués du despotisme politique et religieux, ils attirent à eux la jeunesse pour la former à l'obéissance et pour briser en elle le ressort du libre examen; ils protègent tour à tour ou tyrannisent le clergé, confessent les rois et les reines et leur inspirent les plus détestables mesures.

Confesseurs des rois en Ecosse et en Espagne comme en France, ils sont en France les aumôniers de la Ligue, les inspirateurs et les apologistes de la Saint-Barthélémy, dont ils ont célébré les crimes par Yapothéose de Charles IX. Ils ont honoré Jacques Clément comme un saint, ils ont armé le bras de Barrière, celui de Gérard, celui de Jean Châtel, celui de Ravaillac.

Ces « habiles et vigoureux rameurs de la barque de saint Pierre » ont tout sacrifié, en religion comme en politique, à leur intérêt personnel.

Comme il importait à la Société d'attirer à elle les

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riches et les grands, les casuistes de la Compagnie ont inventé une morale accommodante pour leur égoïsme et leur corruption.

En 1640, le clergé français se plaint de leurs casuistes, € qui tendent moins à corriger les péchés qu'à les faire commettre. »

« Leur dévotion, dit Montesquieu, trouve pour faire de mauvaises actions des raisons qu'un simple honnête homme ne saurait trouver. »

« L'Assemblée générale du clergé de France, présidée par Bossuet, condamne leur théologie, comme portant les âmes au libertinage, à la corruption des bonnes mœurs ; violant l'équité naturelle, excusant les usures, les simonies et plusieurs autres péchés. »

Le procureur général de Harlay constate que, dans leurs livres, sont autorisés « l'homicide, le larcin, la simonie, l'usure, la calomnie et d'autres crimes qu'on n'ose pas nommer publiquement. »

Attaqués par Pascal, dans ses Lettres à un provindaly attaqués par le grand Amauld et tous les austères Jansénistes, les Jésuites provoquent contre eux la bulle Unigenitus; ils font lancer contre leurs adversaires quatre-vingt mille lettres de cachet et arrivent enfin à supprimer, à démolir et raser Port- Royal.

« Si les Jésuites, dit Montesquieu, étaient venus avant Luther et Calvin, ils auraient été les maîtres du monde, d

« J*ai peur des Jésuites, dit encore Montesquieu. Si j'offense quelque grand, il m'oubliera, je Toublierai , je passerai dans une autre province, dans un autre royaume ; mais si j'ofifense les Jésuites à Rome, je les trouverai à Paris, partout ils m'environnent ; la coutume qu'ils ont de s'écrire sans cesse entretient leurs inimitiés. »

Constamment, ils ont pratiqué l'espionnage par les domestiques, par les femmes, par la confession. Aujourd'hui, ce n'est plus guère que par ces moyens qu'ils conservent encore une partie de leur empire.

Ils ont été blâmés par Benoît XIV pour leurs pratiques de dévotion puériles et superstitieuses, notamment pour leur fameuse dévotion au Sacré- Cœur qu'ils ont enfin réussi à faire prévaloir et qui maintenant domine Paris du haut de la butte Montmartre.

Le malheureux Gément XIV aurait aussi mieux fait, pour sa santé et pour sa vie, de ne pas les blâmer et surtout de ne point supprimer leur Compagnie par son bref du 21 juillet 1773.

Non seulement ce malheureux pape « mourut dans les coliques », mais les Jésuites, dit le vénérable Père Theiner, prêtre de l'Oratoire, ont cherché à flétrir tous les actes de son pontificat et à déshonorer sa mémoire.

Le Père Theiner a défendu contre leurs calomnies la mémoire de Clément XIV; il a montré que ce mal-

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heureux pape a été « pur, grand, sans tache, admirable même, non seulement dans le conclave, mais aussi et surtout dans la question des Jésuites. »

Une foule de Jésuites se sont mis, de leur côté, à réfuter le Père Theiner ; mais ces hommes, qui ont écrit tant d'histoires, n'ont jamais produit un historien. Un seul des leurs est célèbre : le Révérend Père Loriquet dont la mauvaise foi est devenue proverbiale.

Méprisés malgré leur puissance, attaqués par les philosophes de tous les pays, ils ont été frappés de trente-neuf expulsions. 11 est vrai que, chassés par la porte, ils rentrent par la cave; ils se cachent, ils changent de nom, d'habits ; aucun conspirateur n'est plus habile qu'eux à se travestir.

Malgré leurs ressources innnenses, leur règne finira — si les femmes enfin leur manquent — à cause du mépris qu'ils inspirent. Pour les hommes qui aiment la franchise, la droiture et la loyauté, leur nom est devenu la pire des injures. Pour exprimer, dit Montesquieu, une grande imposture, les Anglais disent : « Cela est jésuitiquement faux. »

Pour donner une idée de leur puissance, au moment où leur Société fut condamnée et dissoute par le pape, les Jésuites comptaient vingt-deux mille cinq cent quatre-vingt-neuf religieux; ils possédaient mille cinq cent quarante-deux églises, six cent cinquanteneuf collèges, trois cent quarante maisons de campagne, soixante et un noviciats, vingt-quatre maisons professes, cent soixante et onze séminaires.

« Il ne faut point se lasser de faire connaître ces hommes déjà très connus et qui ne le sont pas encore assez.

» On aura beau les convaincre de tous les attentats dont de méchants prêtres sont capables, ils se soutiendront, comme ils Tout fait jusqu'à présent. »

CoLBERT, évoque de Montpellier (1737).

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