‹ La vie mentale de l'adolescent et ses anomaliesChapitre 6 sur 33 · USAGE MOTIF · texte numérisé non relu

USAGE MOTIF

39 achètent des livres ou objets d’école. Utilité personnelle. 50 » une fantaisie ou voyagent. Plaisir personnel.

33 placent leur argent. Prévoyance person-

ï^ nelle

80 pensent d’abord à eux-mêmes.

16 le donnent aux pauvres. Générosité ou justice.

15 )) à leurs parents. » »

20 pensent à autrui.

Evidemment, cette classification est un peu artificielle et, si l’on voulait entrer dans les détails, il y aurait à se demander, entre autres, si l’achat de livres ou d’objets d’école (que peut-être le père aurait été

LA. PENSÉE DE l’aDOLESCENT

obligé de fournir de sa poche) ne devrait pas être considéré comme un acte de générosité. Ce serait une explication, mais plus admissible pour des adultes que pour des adolescents et qui ne s’est trouvée dans aucune des réponses que j’ai collationnées, quoiqu’elle ait pu être pressentie obscurément par un petit nombre et refoulée par une sorte de fausse honte à reconnaître l’humilité de son milieu. Le mental serait alors intervenu afin de résister au premier mouvement du moral. Et les choses se passent souvent ainsi, mais le contraire plus souvent encore ; car c’est un fait d’observation courante que pour éprouver à un haut degré des émotions altruistes, il faut en général avoir atteint un certain niveau d’intelligence ou tout au moins de réflexion. L’adolescent n’échappe pas à cette loi.

Nous arrêterons là ces considérations générales, destinées à mettre en lumière les liens qui rattachent le mental au moral ; elles font présumer que subrepticement le domaine affectif a grandement participé à l’évolution mentale des t^'^pes spéciaux que nous allons passer en revue. Si l’un ou plusieurs de ces types nous paraissent invraisemblables ou paradoxaux, n’oublions pas qu’ils constituent quelques-unes des mille formes de l’intelligence humaine, auxquelles nous nous rattachons du plus au moins. Sans doute il n’existe pas deux intelligences humaines qui soient identiques, pas plus que deux feuilles du plus grand des arbres, mais ce sont toujours des intelligences humaines, comme pour l’arbre des feuilles. Pour comprendre ces Intel-

LA VIE MENTALE DE l’aDOLESCENT

ligences, il sera préférable d’examiner un nombre restreint de types caractéristiques ou même pathologiques, plutôt qu’une grande quantité de types moins accentués. La vérité en ressortira avec plus d’évidence sans être pour cela moins fidèle.

Page 1