‹ La vie [microforme]Chapitre 11 sur 37 · LA VIE · texte numérisé non relu

LA VIE

ment, ce n'est qu’une ‘des assises, qu’un des phénomènes de l'édifice vital; mais il est un autre phénomène physico-chimique qui complète ce premier acte et forme l’un des éléments fondamentaux de la vie : la catalyse. La catalyse consiste simplement en des réactions chimiques spécifiques, — et ces réactions au lieu d’être provoquées par la chaleur, la lumière, l'électricité, etc., ont ceci de particulier. qu’elles sont déterminées, à des températures moyennes, par l'intermédiaire de substances spécifiques ad hoc, que l’on désigne sous le nom de diastases. La ptyaline, la pepsine, la pancréatine, l’'émulsine, etc., ,sont des diastases.

L'osmose, dont nous avons parlé et qui consiste en des échanges de substances solubilisées, à travers des membranes de séparation, joue aussi un rôle capital dans le fonctionnement, le métabolisme des organismes.

Je répète encore, que pour acquérir une vraie compréhension de la vie, il faut tourner ses regards vers les formes biologiques les plus élémentaires : c'est ainsi que nous pourrons mieux saisir et interpréter ces actions physico-chimiques de la catalyse et de l’osmose, Examinons par exemple un protiste, une amibe, c’est-à-dire la cellule la plus élémentaire, dont le noyau est à peine sensible, sans nucléole, ni centrosome ; cette cellule est un composé spécial, spécifique en quelque sorte, puisque le résultat de cette combinaison est la vie. Mais cette cellule n’est qu’un amas innombrable de molécules, de même qu’une molécule n’est immense paquet d’atomes. Les physiciens, les chimistes s’accordent à reconnaître qu'entre la cellule vivante la plus ténue et chacun des atomes primordiaux qui la composent, il y a plus de différence, quant au volume, qu’il n’en existe entre la terre et une pomme. Cet

énorme édifice, de construction fragile comme tout ce qui constitue les

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Lases de la via se compose biologiquement de protoplasma et d'une membrane enveloppante, La membrane enveloppante, de composition analogue au contenu, mais plus solide, remplit des fonctions osmotiques : en d’autres termes, cette membrane à travers laquelle s'établit des Courants contraires, laisse pénétrer dans son milieu certains aliments et élimine certains déchets ; cette assimilation et cette désassimilation sont sans doute sous la dépen:lance du protoplasma, mais la membrane d’enveloppe sert J’organe pour ce choix, Quant au protoplasma dans sa forme la plus élémentaire, c'est un colloïde de nature albumineuse, contenant en petite proportion divers sels minéraux, Dans ce colloïde il se fait des échanges continus, des réactions chimiques sans cesse renaissantes, sous la dépendance de l'osmose et de la catalyse. Ce double mouvement d'absorption et d’excrétion, constitue la nutrition, le métabolisme. Pendant un temps, l'assimilation l'emporte sur l’excrétion, c'est la période de jeunesse d’accroissement, puis vient une époque où la cellule a acquis sa maturité, l’âge adulte: alors, en vertu d’une loi dont nous ne connaïtrons jamais l'essence, mais qui réside sans doute dans une propriété inhérente à la matière, elle se fractionne, se sépare en deux et forme ainsi deux cellules nouvelles, jeunes, ayant les mêmes propriétés que la cellule mère: cette reproduction se fait par simple scissiparité ; et dans ce phénomène de scissiparité réside la base de l’hérédité. En effet, le gros bon sens nous indique que cette nouvelle cellule, issue de la première par fragmentation, contient en elle les mêmes éléments, pren:i la même forme et a les mêmes tendances que la cellule mère : et c’est en ce sens concret que l’hérédité est une orientation, une idée directrice de la matière. Si maintenant l'on se rappelle que tous

les êtres vivants que l’on observe sur notre globe naissent d’une cellule

on LA VIE

fille d'un organisme et que les plus compliqués, les plus hauts dans l'échelle animale ne sont que des multiples dérivés de cette cellule originaire, l’on aura une vue rationnelle et satisfaisante de l’hérédité. Pourquoi le cristal, même dans un milieu composite, attire-t-il à lui les éléments de son choix? Pourquoi ces éléments se placent-ils toujours suivant les mêmes plans, les mêmes angles géométriques, étant donné que les conditions de milieu soient les mèmes? Pourquoi la cellule choisit-elle et absorbe-t-elle les substances qui lui conviennent et suit-elle un développement morphologique déterminé? Il est indéniable que c’est là une prroriété inhérente à la matière et cette propriété est véritablement la sensibilité :—sensibilité inconsciente dans l'atome, dans le cristal, das la cellule, — consciente dans les organismes supérieurs par l'association, la concentration des sensibilités ato- , miques, globulaires, cellulaires, métazoaires, mais sensibilité de même ordre, de même nature, dans tous les cas, différente non dans la qualité, mais dans la quantité. Un petit disque de cuivre, accouplé à un disque de zinc, fournissent une quantité d'électricité presque inappréciable, tandis qu’une volta de 500 couples pourra en peu de temps, charger un accumulateur suffisamment pour tuer un boeuf ; et cependant l'électricité fournie dans les ‘leux cas est analogue, — il n'y a de dif férence que dans la quantité: il en va ainsi de la sensibilité chez les organismes ; — et je crois qu’il est, dans l'état actuel de la science, impossible d’aller au-delà de la démonstration que je viens de faire. Chercher à expliquer les causes de la cristallisation, de la catalyse, autant vaudrait chercher à comprendre pourquoi l'oxygène et l’hydrogène ont de l’affinité l’un pour l’autre, — en un mot, le pourquoi de toutes les affinités et de toutes les répulsions des éléments que nous

observons et sur lesquels nous expérimentons.

dans e ori- : [ est possible que plus tard, lorsque notre instrumentation aura té, : acquis un degré de perfection tel que nous puissions voir les atomes tâlui 3 des corps et l’étendue de leurs mouvements, il est possible dis-je qu’as tou- 7 lors, au lieu de jongler sur des suppositions, nous puissions saisir, sur étant $ le vif, la raison des attirances et des répugnances atomiques: et ce uoi la + que j’exprime là, n’est pas une vue gratuite de l'esprit, une impossinneni j bilité matérielle, car il est prouvé qu'avec un grossissement deux cents indé- ; cinquante fois plus considérable que les plus forts grossissements e pro- ë actuels, nous verrions l'atome du carbone, de même qu'un microscope , dans Ë 2500 fois plus puissant que ceux à notre disposition, nous montrerait ganis- ; l’atome de l'hydrogène ; et les atomes de tous les autres éléments, fors ato- 3 meraient une gamme, une échelle intermédiaire. Par des calculs prémême 4 cis, l’on est parvenu à fixer le diamètre des atomes qui ne saurait être a qua- É. supérieur à un millionnième de milimètre, ni inférieur à un dixmillioné à un Ë nième.

appré- L Mais par exemple, je ne vois pas qu'il soit plus nécessaire, quant temps, | à ces phénomènes d'attraction et de répulsion, de faire intervenir des cepen- È forces métaphysiques, que dans tous les autres phénioménes matériels. ‘y a de 1 Quand j'échappe ma plume et qu’elle tombe à terre, je ne crois pas à hez les È un miracle, je dis simplement, elle va dans cette direction, en vertu de la ce, im- 4 loi de Newton, c'est dans l'ordre de la nature. Mais qu'est-elle dans faire. son essence, cette loi de l'attraction? Aussi mystérieuse que la loi «le la atalyse, vie et de même ordre, d'ordre physique. Et c'est singulier que per- Phydro- , e ; À .: RE sonne n'ose enseigner que les lois de l'attraction, de la gravitation, etc., quoi de i + - sont d'ordre métaphysique, — cependant que le vitalisme a encore de je nous

nombreux partisans dans tous les pays, ici surtout, L'on croit, l’on

enseigne encore que la vie, comme principe, est un fait surnaturel, en

es LA VIE

dehors des phénomènes matériels ; c’est là un édifice que nous a légué le XVIII siècle et que nous n'avons pas su restaurer. Au lieu de suivre les mouvements scientifiques ‘des pays avancés, nous avons continué à ergoter, à gloser sur des quintescences métaphysiques, convaincus que la meilleure méthode pour connaitre le fond des choses, était la réflexion dans le cabinet,—et en cela, nous ressemblons quelque peu à certains peuples de l'Asie, figés dans l’inertie intellectuelle, 11 y a près de sept siècles, un mandarin chinois, Djô-djô, ministre de Boudha, enseignait que l'esprit de l’homme pouvait acquérir la science parfaite en Bodhi, par la méditation sans autre aide que sa voronté et Ses propres efforts. Le malheur est, uu’il en est chez nous comme en Chine : la principale cause de l'arrêt du progrès des sciences naturelles, c'est que la plupart des hommes spéculent et n’observent pas; c'est qu'il est plus fatigant d'observer, d’expérimenter avec précision et exactitude, que de songer, d’ergoter et de prôner.

Deux questions se posent ici naturellement : quand et comment la vie est-elle apparue sur notre globe? Puis, la génération spontanée estelle possible ?

Je ne m'attarderai pas à faire l'historique de ces deux questions qui ont fait coulé des tonneaux d'encre. L'on a fait tant le bruit au-

tour de ces deux problèmes, que les échos s’en répercutent encore dans nos universités.

J'ai dit au début de ce travail, que la vie ne pouvait se définir dans son essence, mais il ne faudrait pas prendre cette proposition dans le sens agnostique dualiste; car nous savons ce qu’elle est, au même titre que d’autres phénomènes de la matière: électricité, chaleur,

lumière, etc., etc. Quant à l’hypothèse de Vorivire puis du ‘léveloppe-

égué uivre iué à s que a réeu à : près udha, rfaite pro- ‘hine : c'est il est

itude,

ent la

se est-

stions it au-

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définir osition st, au

haleur,

loppe-

LA VIE

ment de la vie sur la terre, par des cosmozoaires, soutenue par Helmholtz dans ces termes: “ou la vie a commencé à un moment donné, ou bien elle existe depuis l'éternité; ne pouvant la réaliser, elle existe donc depuis l'origine des temps”, — cette supposition n'est pas soutenable pour qui connaît le cosmos et la théorie du développement des astres. Lorsque la terre était à l’état incandescent, la vie n'était pas réalisable, de même qu’elle est impossible dans les espaces intersidéraux, à cause des basses températures qui y existent. La vie a donc pris nécessairement naissance sur la terre, dès que les conditions suffisantes au développement de ce phénomène se sont trouvées réalisées ; — de même qu’elle existe probablement sur d’autres astres où les conditions sont à peu près analogues aux nôtres : — et le mouvement continu de la matière dans l'univers, dans le cours des millions et des millions de siècles qui nous ont précédés, est la cause efficiente et fortuite, par la force qui est en elle, de l’état de choses actuel, y compris le phénomène vie. A y réfléchir, la nature réalise chaque jour des effets presqu'aussi étonnants; ainsi, les orages électriques, les bouleversements volcaniques, les aurores boréales, etc.

De ce que nous n'avons pu synthétiquement réaliser Ju plasma vivant, du fait que nous n'en connaissons pas la constitution molécu-

laire et atomique, cela ne prouve rien contie la génération primordiale terrestre, Les monères simples, les amibes, les chromacés, la chlorophyle, ne possèient apparemment aucune Organisation, aucunes parties différenciées pour ainsi dire et cependant ce sont des êtres vivants, ou plutôt de la substance vivante: toute leur activité ne consistant qu’en une croissance analogue aux actions cristalloïdes et catalytiques

de certaines combinaisons inorganiques ; et quand la croissance de

E mia

“ mu % LA VIE

une certaine limite déterminée par sa°

cette substance vivante dépasse produits filiaux

constitution chimique, elle entraîne la formation de

qui deviennent autonomes.

Comme j'entends la vie, la réponse à cette question : “Quelle est

son origine ?” est donc enfantine.

s que Îles conditions de tem-

La vie est apparue sur la terre, dè pérature l'eürent permise, puisqu'elle est le résultat fortuit de certaines combinaisons matérielles à une température favorable. De ce qu? nous Savors maintenant sur le principe de la vie, il déque la génération Sp: mtanée est possible théo-

la démonstration, c'est que ficile. Mais ce qui prouve

coule sans aucun doute, riquement. Si nous n'avons pu en faire jusqu’aujourd’hui trop dif e naturel, de nature ph foule de produits, que

l'expérience a été ysico-chimique

que ce problème est bien d’ordr

c'est que nous avons pu faire la synthèse d'une les métaphysiciens affirmaient, il n'y à pas bien longtemps, être du do

rce vitale : tel le camphre, le sucre, Qui ne sait que la chimi

maine exclusif de la fo l'alcool, de des essences, etc., etc.

aliments de toutes pièces. Tout der

de Berlin, a réussi à prépare

huiles essentielles,

est en train de nous créer des

nièrement, un chimiste allemand, Fisher,

son produit a tous les caractères des al

des peptones artificielles et le biologiste Abderhalden est Pa

ments vitaux, — à tel point, que venu à nourrir des animaux <t à les entretenir en bonne santé, € tides de Fisher. Et da

exclusivement les polypep t les célèbres expérienc

à Qu

leur faisant ingérer

un autre ordre de preuves, qui ne connai d'Yves Delage, le sympathique savant que nous avons rencontré

bec, au “Congrès des Médecins de langue française” 1° sait que chez les animaux sexués, l'ovule ne se développe qu’à

LA VIE es

condition d’être fécondé par le spermatozoïde, L'on considérait l’ovule var Sa Er Ê : ? x ss isolé comme un organisme quasi-mort, Yves Delage est parvenu à

filiaux ; ; | : , féconder des oeufs d'oursin, par des substances, des liqueurs, des solutions artificielles. Et ces oeufs se développent par parthénogenèse,

le est jusqu’à formation d’oursins adultes complets. C'est là, n'est-ce pas, un

3 acte physico-chimique, substitué à l'acte vital, e tem- : Je ne m'attarderai pas maintenant à démontrer la puérilité de de cer- É notre enseignement élémentaire et même de celui qu'on dénomme supé- É rieur, classique, sur toute la question biologique. Je dirai seulement

», il dé- È qu’il est ridicule et triste de constater avec quel acharnement l'on s'enle théo- ; tète dans toutes nos institutions primaires et secondaires à graver dans est que 4 les cerveaux de nos petits canadiens, des inepties comme celle-ci : “Le prouve ; ciel, la terre, le soleil, la lune, les étoiles, tous les animaux, l’homme, imique, ë ont été créés en six jours, 4004 ans avant Jésus-Christ.” Est-ce le its, que 4 dernier quatre qui porte la conviction ?

e du do-

Cette biogénèse est aussi fausse que celle de Cuvier, qui procécool, des : dait à coups de cataclysmes répétés et de créations successives et proa chimie A

gressives.

out der-

‘ La vérité réside dans l’évolution de Lamarck, de Darwin et de la préparer

; des ali- pléïade de savants qui ont assis cette doctrine sur des bases solides. ] » *

est par-

santé, en

Et dans ; Progression de la vie.

périences É ré à Qué- 1 Comment s’est dévelonpée la vie, au cours des quelques cent mil- »” L'on À lions d'années d'existence de notre globe? .

s 7 5 € qu'à la EE:

iii 1

e LA VIE

En septembre 1906, à l'issue d'une assemblée des gouverneurs du Bureau de Médecine, nous étions réunis, un groupe de mélecins, dans la rotonde du Château Frontenac, à Qu’bee, où nous causions après souper. La conversation roulait de côté et d'autre, sans se préciser: du temps, des faits divers, des questions professionnelles à l'ordre du jour et quelque peu de choses scientifiques. L'intérêt semblait diminuer peu à peu, lorsque à un moment donné, l'un de nous demanda si quelqu'un avait lu le dernier ouvrage de Le Dantec : “La crise du transformisme.” Cette question ranima instantanément la conversation, lui donna mème une allure endiablée.

Je remarquai entr'autres, un professeur de l'Université Laval, très instruit, que l'on pourrait étiqueter parmi les érudits: fort en anatomie, physiologie, embryologie, pathologie, etc., presqu'en état m'a-t-0n dit, de faire subir exabrupto, un examen détaillé, minutieux, à un “final”, de même qu'à un “primaire” ; et je fus surpris de constater avec quel animus, quelle emphase, il intervint dans le débat. Je dois dire cependant, à titre de circonstance atténuante, qu'il a du sang irlandais et toute l'imagination des fils de la verte Erin, quoique porteur d’un nom canadien-français.

“Le darwinisme est absunde et dégradant, clamait-il véhémentement Croire que l'homme est un produit de ‘a nature, un produit du transformisme, est pour moi une hérésie abominable, L'homme, descendre du singe, mais c'est là un mauvais cauchemar. J'ai bien éti: le corps humain, j'ai bic; réfléchi à ce sujet, dans ma jeunesse surto. et tout en moi répugne à cette doctrine. Voyez donc les organes de

l'homme, ces outils incomparables, ces instruments où l’art le plus

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raffiné et la science la plus développée semblent s'être Jonnée la main,

our en façonner les pièces, les détails, Prenez l'oeil, ce mécanisme

d'optique incomparable, qui non seulement possède le plus magnifique

système de lentilles connu, mais encore peut varier à volonté son adap-

tation suivant les distances, A lui seul, il peut faire l'oeuvre 4e cen-

taines de lentilles, Avez-vous jamais songé quelle sensibilité exquise,

inconcevable, doivent posséder les neurones qui terminent le nerf opti-

que, pour pouvoir saisir et rapporter au cerveau avec exactitude et fidélité, les images que reflète la rétine, ce film photog

raphique, à mirages instantanés et successifs,

t l'oreille, construite sur le même principe, Pour percc:oir un autre ordre de vibrations: 1

main d'un créateur, dont l'habileté et 1

‘on voit encore là, la a puissance ‘lépassent les bornes de notre raison. Encore une fois. je ne puis croire au transformisme ; je ne puis croire que tous ces organes de haute perfection soient le produit de la nature. ”

“Mais mon cher Professeur, il faut se comprendre ;

vous par nature ?”

qu'entendez-

Cette petite question eut le don “le paralyser l'élan d'enthousiasme

de notre ami. je lui fis remarquer qu'il y aurait peut-être moyen de

s'entendre. Ainsi, pourquoi, la nature n'aurait-elle pas un auteur,

un créateur ? Ou pour préciser, pourquoi votre Dieu, le Dieu des chrétiens. ou celui des mahométans, ou Bouddha, ou même Jupiter, n'au-

rait-il pas à l'origine de toutes choses, créé la substance primordiale qui

remplit tout le cosmos, pour parler comme Démocrite, et n’aurait-il pas

mis en elle la faculté de transmuter, de se transformer, d'évoluer ; Pourquoi n'aurait-il pas alors attaché indissolublement à la matière,

cette énergie reconnue et enseignée par les savants actuels? Ne

es LA VIE

et “RE

ns

croyez-vous pas que cette matière créée par Dieu, avec la force qu'il

aurait mise en elle, ne constitueraient pas tine ons dans le temps et l'espace ? J'irais

“nature” capable de tous

les phénomènes que nous Voy

même plus loin en cette voie, sur les procédés théiques, {l me semble

que si Dieu eut agi ainsi, il aurait manifesté beaucoup plus de force,

de puissance, de gran leur ; c'eût été en quelque sorte un pr cédé divin,

au-dessus de nos conceptions ordinaires ; tandis que votre Dieu, occupe

sans cesse à créer et à détruire, raccommodant ici et là, de jour et de

nuit, son oeuvre inachevée, imparfaite, me fait l'effet d'un dieu passa-

blement anthropos.

Et je crois que si je voulais me donner le mal d'étudier le

transformisme à ce point de vue, et en faire une doctrine téléologique,

je pourrais vous montrer de forts et nombreux théologiens en ma

compagnie: je ne vous citerai que Monseigneur J'Huist, ou encore

Monseigneur J. Guibert, ou encore le célèbre théologien anglais Mivart, — et d'autres, autant qu'il vous plaira. Les protestants, surtout CEUX d'Angleterre, qui accordent plus de

jatitude à la raison, que certains théologiens de notre église, ensei-

gnent que Dieu comme cause première a tout créé, puis les causes $€-

condes sont interventies et interviennent encore continuellement et exclusivement dans la direction de tout ce qui existe.

rait l'effet immédiat des causes secondes. Mais à vrai

Ainsi, le trans-

formisme se

dire, je ne vois pas bien la nécessité de cette complication de causes

premières et causes secondes, quand il est si simple et si facile de concevoir un Dieu auteur de la substance primordiale que les physiciens et les chimistes appellent éther ; que ce Dieu éther avec les propriétés que les savants lui reconnaissent,

tés qui suffisent à expliquer tous les phénomènes passés, présents €

a créé cette substance, ce!

— proprié

qu'il tous irais mble orce, livin, ccupe et de

ass A

er Île gique, en Ma encore

is Mi-

lus de

ensei-

ses SC-

nent et * transà vrai causes de conysiciens nee, cet

proprié u

sentis Et

LA VIE

futurs du cosmos: mouveinents des astres, évolution des mondes, activité intérieure des atomes se manifestant par le feu, la lumière, la chaleur, le magnétisme, la vie, ete, évolution de la matière, trans for mation ‘les êtres vivants, ete., ete, Hit ainsi, eeux qui tiennent à Dieu, et par suite comme conséquence nécessaire, à la religion, dans son sens

actuel, se placeraient dans une position inexpugnable,

La nécessité de Dieu ne répugne pas à la raison qui ne peut expliquer l'origine des choses premières, “Pourquoi cela existe-t-il”? se demandait Voltaire. Puisqu'en fin de compte, il est impossible à la science de se prononcer sur l'origine de la matière, — la matière a-t-elle toujours existé? Jamais la science ne pourra résoudre ce problème avec certitude. Du fait qu'il est impossible à nos procédés de eréer ou d’anéantir la matière y compris l'énergie, cela démontre-t-il indubitablement l'éternité ‘le la substance ? Je ne le crois pas : d'abord, parce que nos procéc is peuvent être imparfaits ; et même cette matière eutelle l'éternité devant elle, que cela ne prouverait pas rigoureusement qu'elle fût sans commencement ; et malgré qu'elle ait pu avoir un commencement, il n'est pas antirationnel de supposer qu'elle n'aura jamais de fin.

Maintenant, mon cher Professeur, que cette question est réglée, que nous voilà théologiquement débarrassés du préjugé qui nous impose le miracle dans chaque phénomène de la nature, nous allons ensemble jeter un rapide coup d'oeil sur l'organisme merveill. de l’homme, que vous vous refusez à croire un produit du transformisme,

Je vous ferai d’abord observer que les singes, qu'il vous répugne tant d’avoir pour cousins, possèdent des yeux et des oreilles plus per-

fectionnés que les nôtres, c'est-à-dire que la conformation de ces or-

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ganes est exactement la même dans les deux cas, mais, chez les singes, ces outils ont plus de sensibilité, plus d'acuité que chez nous, Savezvous que cela rabaisse déjà beaucoup votre créateur dans mon estime : moi, chef-d'oeuvre de la création, fait à l'image le Dieu, — voici que l'orang outang, cette mauvaise caricature de ma personne, aurait en

certains détails des supériorités sur mon homo sapiens,

Mais c'est là un argument de sentiment, c'est-à-dire un mauvais argument, au point de vue scientifique. Procédons d'une façon positive, indiséutable, Vous connaissez bien l'embryologie mon cher maître, avez-vous jamais sohgé, que tout à fait au début de chacun ke nous, de votre existence comme de la mienne, nous étions une simple cellule, un mienocoque, us ovule, Puis cet ovule fécondé, devim un diplocoque, puis un métazoaire ; ensuite, ce petit produit vivifié passa successivement par les formes d'une gastrula, d'un vers, d'un vers à corde dorsale ; jusque là, nous avons donc été de petites bestioles sans cerveau : des acraniens, sans vertèbres : des invertébrés. Voici que maintenant, il s'organise dans notre intérieur quelques centres cartilagineux, nous passons à peu près à l'état de ce fameux amphioxus, ou poissonlancette que nous connaissons depuis assez longtemps déjà ; puis le sys-

tème nerveux, le système osseux se développent et nous acquérons la morphologie du poisson. Cela est si vrai que vous, professeur d'anatomie, vous enseignez qu’il arrive quelquefois, que par anomalie de développement des branchies chez le foetus humain, certains individus présentent des cas de monstruosité : tel des gueules de loup, des tumeurs branchiales, etc. : nous avons donc été alors pendant quelque temps, des poissons ou quelque chose d'analogue ; puis nous avons passé par les

principales formes des reptiles, des amphibies, des marsupiaux, des

"ve- >ré-

'urs

LA VIE monotrèmes, en un mot, des manumiféres Je doute, mon cher profes ‘eur, que Vous puissiez reconnaitre un foetus de cinq mois d'un embryon de chimpanzé ou de gorille du méme age, D'après Selenka, ‘les ressemblances embryonnaires d'un foetus humain et d'un foetus de Gibbon, sont tellement frappantes, j: prés di terme, qu'il faut y regarcer à deux fois pour s'y reconnaitre" où encore : ‘on peut mettre en présence des embryons de reptile «l'oiseau, de chien et d'homme, et il sera impossible de les distinguer. s'ils sont tous au mém legré de développement. La main de Phenrine ne se distinetera 1e de la patte du chien et du reptile ni de l'aile di tou de la chauve-souris : comme eux, il aura une queue qui ne ati era ue plus trd, rsqu'il

approchera de la forme anthropoide,

Pourquoi maintenant, refusez-vous de concu +r à l'espèce, à la race, ce que vous avez vu, ce que vous avez constaté chez l'indivi tu ? Tous, chacun de nous avons subi la gamme entière les métamorphoses que nous venons de décfire, vous ne pouvez le nier, — et cependai vous vous indignez à la seule pensée que comme race, nous pouvot : être un produit ‘de transformation, Ne vous semble-t-il pas évident que chacun de nous, au cours de notre évolution foetale, avons reproduit en raccourci, ce qui s'est passé au cours des siècles, dans le développement successif et progressif des êtres qui composent notre lignée ancestrale. En somme, tous les états successifs que nous avons parcoumus, depuis l'union de l’ovule et du spermatozoïde, jusqu'à l'âge adulte, reproduisent toutes les phases phylogéniques ancestrales, en brülant les étapes, et si ce n'est pas là la signification de l'ontogénèse,

la nature aurait de singuliers procédés pour noue en imposer

Le regard rapile que nous venons de jeter sur les transformations

2 LA VIE

ET

successives de l'être le plus élevé de l'échelle animale, nous servira naintenant de guide, de fil conducteur, dans le labyrinte si obscur, jusqu’à ces derniers temps, de l’histoire naturelle de la famille univer-

selle des êtres organiques, depuis les commencements jusqu’à nos jours.

D'abord, comme je l'ai dit plus haut, la vie se manifesta sur notre globe quand les conditions physiques et chimiques le permirent : ce fut lorsque le refroidissement de notre planète amena la vondensation des vapeurs d'eau qui l’environnaient. La terre alors recouverte d’une mer sans fin, donna naissance aux premiers éléments vivants. Et ces premiers êtres vivants prirent natureliement l’état le plus primitif. lis naquirent donc au sein de la plaine liquide et se développèrent lentement et progressivement. Lorsque les continents émergèrent de la mer universelle, la vie avait déjà atteint un degré considérable de perfection : elle était représentée par des poissons vertébrés ; ceux-ci S’adaptant ensuite au double milieu que leur présenta notre planète, Se transformèrent en amphibies, puis les amphibies, peu à peu, lentement, eu cours de milliers de siècles, parcoururent toutes les étapes de la zoologie, jusqu’à l'homme inclusivement.

Il est admis aujourd’hui par tous les géologues compétents, de mêine que par tous Îles naturalistes instruits, qu’il y a at moins cent millions d'années que la vie est apparue Sur notre globe. Certains prolongent, d’autres raccourcissent quelque peu cette durée de la géologie organique. En tous cas, s’il est actuellement impossibie à la science d'établir en siècles, l’espace qui nous sépare des premières manifestations vitales, de fournir la chronologie exacte du règne organique nous sommes certains de la durée relative des diverses périodes de le

géologie organique. Ainsi, si nous prenons Île chiffre de cent million

nts, de ns cent ns proréologie science nifestazanique, es de la

millions

LA VIE

d'années comme admis, nous dirons que la période des invertébrés, qui s'étend du précambrien jusqu'au début du silurien, n'a pas duré moins de 52 millions ‘J’années ; la période des poissons, qui couvre le silurien, le dévonien, le carbonifère, le perrrien, atteint 34 millions d’années ; aux poissons succède la période des amphibies, des reptiles et des oiseaux, qui s'étend du début du triasique, jusqu’à la fin du crétacé, soit dix millions d'années ; puis la période des mamifères dont nous retrouvons des traces à la fin du crétacé, et qui s'étend depuis l’éocène jusqu’au pliocène: trois millions d'années: enfin la période anthropozoïque, c'est-à-dire celle de l’homme, qui couvre le quaternaire: au moins cent mille ans. Telle est en résumé la durée relative des diver-

ses érpques parcourues par les nombreux représentants des séries organisées, qui se sont succédées sur notre globe (1).

(1) Consulter le tableau de géologie organique au début de cette ouvrage.

Quelle est la raison, quelles sont les procédés et les causes de l’évo- . s lution ?

En supprimant la barrière factice que l'ancienne conception philo- ” sophique avait posée entre l’organique et l'inorganique, la loi de l'évolution s'applique désormais, sans hiatus, à toute la nature, depuis le commencement des temps, jusqu’au temps actuel, Je conçois hypothétiquement l'éther formateur de la matière, à l'origine, universellement et uniformément répandu par tout le cosmos. Au lieu de “éther” et “matière”, peut-être aurais-je dû dire ‘‘énergie”, car les travaux modernes, les découvertes récentes, tendraient à unifier, ce que nous sommes convenus de distinguer par abstraction, sous les noms de force et matière. Ainsi, ce que la chimie désigne sous le nom d’atome, serait simplement une concentration, une agglomération de force. Le radium, ce nouveau venu déconcertant, semble donner raison à cette à hypothèse, car il disparaît lentement, non en s'évaporant, mais en se 4 transformant en force, en dynamique, sous forme de chaleur, de lu- % mière, etc., et cet abandon d'énergie se fait au dépens ‘le sa matière, pour parler le langage actuel, sans combinaison chimique. Donc, la À synthèse du radium est théoriquement possible, puisqu'il se décompose, 3 ou plutôt se dématérialise au sens de G. Lebon, — car cette dématériali-

2sation n’est pas l’anéantissement : il retourne à l'état d’éther primitif, de

2l'éther qui existe encore actuellement entre les astres.

LA VIE

En tous cas, que les atomes soient des centres de force sans rien

autre chose, on qu'ils soient formés de substances matérielles, unies

indissolublement à des forces physico-chimiques, peu importe, — j'ai

dit plus haut que nos sens ne pouvaient pas trancher cette question, à cause de leur imperfection, — l'essentiel est que cet éther primordial ait pu se modifier, changer d'aspect ,de forme, évoluer en un mot,

En vertu de l'énergie qui est dans tout élément fondamental de la matière, il s'est formé dans les espaces cosmiques, des condensations, comme il se forme tous les jours, sous nos yeux, des condensations de vapeurs, insensibles d’abord, visibles ensuite sous forme de nuages, puis définitivement aptes à impressionner nos sens les plus obtus, sous forme de pluie, de grèle, etc. Les gouttelettes de pluie sont des agglomérations de vapeurs d’eau condensées, au même titre que les étoiles, les soleils, les planètes, lesquels sont d'énormes aggrégats d’éther, transformés en substances dites matérielles, parce que ces aggrégats tom-

bent sous nos sens,

Ces masses immenses que sont les étoiles, les soleils, les planètes, etc. ,sont toutes formées en dernière analyse, d’atomes chimiques, et c'est par divers jeux de réunion de ces atomes, que la nature est parvenue à former les corps que nous appelons éléments simples, Ces éléments simples ne se différencient les uns des autres que par des variations de vibrations ou de gravitation, — suivant l’hypothèse que l’on

accepte, — des atomes qui les composent (1). Suivant que ces centres

(1) Au sujet de ces deux théories des ‘‘vibrations’” et des ‘‘gravitations'” atomiques, si l’on réfléchit aux vitesses énormes acquises par l’electricité, la chaleur rayonnante, etc., vitesses transmises par les particules de l’éther, je crois que la théorie des vibrations rend mieux compte de ces faits.

de force sont plus ou moins rapprochés, les corps qu'ils forment sont plus ou moins denses, Puis il y a dans leur course de vibrations, des degrés, des tons, comme il en existe en musique, ce qui donne des aspects divers à ces combinaisons : des atomes dans tel état d'agglomérat et se mouvant dans telle limite, sont les éléments de l'or, l'autres dans telle autre limite sont de l'aluminium, etc., les uns sont très fixes, à cause de leur longue hérédité : tels les métaux lourds; d'autres retourneront facilement à leur état primitif : tel le radium, le polonium, ete. parce que l’hérédité n'a pas encore fixé fortement son empreinte chez eux. Et quand je dis hérédité, ce n'est pas une métaphore, c'est bien de lhérédité dans son sens le plus vrai, le plus précis, parce que l'hérédité est en définitive, l'habitude, l'accoutumance, C'est donc la substance primitive élémentaire, qui s'est transformée en matière pondérable, accessible à nos sens et ce sont les divers degrés d'évolution, fixés par

lhérédité, qui constituent la diversité des éléments matériels.

Cette connaissance de l'évolution de la matière a fait de tels pro-

grès, que l'existence d'un corps élémentaire a été démontrée hypothétiquement ,avant que l'industrie des hommes ait pu parvenir à l'isoler. En 1875, M. Lecoq de Boisbaudran, affirma qu'il existait une lacume dans la série des corps simples, entre l'aluminium et l'indium. 11 avança que ce métal devait donner certaines raies spéciales dans certaines régions définies du spectre. A la suite de recherches longues et pénibles, l’on parvint à isoler le nouveau métal, que l'illustre chimiste français nomma “gallium”. Mais, chose vraiment extraordinaire, pendant que l’analyse spectrale indiquait une lacune dans la série vibratoire lumineuse des corps simples, un autre chimiste, à l’autre extrémité de

l'Europe, M. Mendeleef, de St-Petersbourg, classant les corps d'après

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leur poids atomique et complètement dans l'ignorance des travaux du chimiste français, constatait lui aussi une lacune à la suite ‘le l'aluminium. Il affirma l'existence d'un élément inconnu, et il osa même en décrire les propriétés physiques et chimiques, ainsi que le poids atomique, et ses hypothèses ont été en grande partie vérifiées par la ‘Jécouverte de Boisbaudran,

Dans le même ordre de faits, mais dans la région la plu. élevée de la matière, vingt ans plus tard, le Dr Dubois mettait à jour quelque part à Java, ce fameux ancêtre de l’homme, ce missing link, cet ane neau disparu de la série animale, que Haeckel avait décrit dès 1866 et

pour lequel il a souffert autant de sarcasmes que d'injures

Quels sont les facteurs qui ont agi sur la matière, pour lui donner cette variété d'apparence, ce cachet distinctif, que nous lui connaissons ?

Sans aucun ‘doute, c'est dans la genèse des astres, des planètes, de la nôtre en particulier, telle que conçue par la science actuelle, que nous irons chercher la réponse à cette question. Imaginez des pressions incalculables, comune il a dù en exister, comme il en existe encore au centre de la terre, sous une température inconcevable et cela durant des millions de siècles probablement, avec des variations de température et de pression suivant la profondeur des couches que l'on considère, et vous aurez là, la grande usine chimique, d’où est sorti tout ce qui est à notre usage. Sans compter, ce qui nous arrive par les 1x lides, les aéro-

lithes, etc., témoins probables d'astres qui ont passé par les mèmes

phases que notre planète, pour ensuite s'émietter dans quelques formi-

dables cataclysmes. Donc, iles jeux d'atomes, qui, au cours de notre

état le nébuleuse, puis de planète incandescente, c'est-à-dire durant

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des milliards d'années, ont été forcés de se mouvoir dans des limites déterminées, »t ont contracté des habitudes qu'ils tendent à garder avec d'autant plus d'énergie, que cet état a duré plus k mgtemps ; tels sont dans sa plus lointaine origine, le facteur des aspects physiques et chimiques si divers de la matière, et dans sa forme la plus primitive, le

phénomène de l'hérédité,

Cependant, l'hérédité ainsi conçue n'est qu'un des côtés de l'évolutionisme, parce qu'elle ne fait que fixer une longue impression ; elle n'a donc qu'une valeur intrinsèque ; mais la raison extérieure de ce phénomène réside dans l'influence continue ou longuement répétée du milieu ; et en ce sens large, la “sélection” de Darwin, n'est qu'une par-

tie, un détail, un chapitre, de l'alaptation Je Lamarck.

Donc, l'éther primitif en évoluant c'est-à-dire en changeant d'état morphologique, est parvenu au degré d'élément simple; ces premiers éléments, en s'alliant, se combinant, ont formé les molécules des corps que nous avons la fausse habitu:le d'appeler inanimés ou inertes, que j'appellerais plutôt inorganiques, par opposition aux corps vivants, qui pour la plupart sont organisés.

Poursuivant toujours son évolution par le hasard des rencontres fortuites mais nécessaires, à cause que ces atomes, ces molécules sont sans cesse en mouvement, il arriva un temps, comme je l'ai dit plus haut, où, sur notre planète, les conditions de milieu, de température, etc., étant favorable à l'éclosion et au développement de la vie, des masses de protoplasma, des amibes, des cellules douces de cette faculté,

apparurent au sein de l'océan primitif.

J'avoue que jusqu'ici, nous avons souvent nagé dans l'hypothèse,

— mais l'hypothèse vraisemblable, fortement charpentée, est l'un de:

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plus grands leviers scientifiques. L'hypothèse est la science provisoire, jusqu'au jour où elle passe à l'état de vérité démontrée, — où d'erreur

abandonnée. Supprimez l'hypothèse et vous enlevez un pied à la

science dans sa course future. Au reste, tout ce qui dans une, science est lu domaine exclusif de la raison, de la logique, ne repose que sur

l'hypothèse et alors l'hypothèse, ne peut ètre rejetée, qu'en lui en subs-

tituant une autre qui satisfasse l'es] rit davantage.

D'où, je veux bien que l'on fasse la critique du système que je viens d'exposer et qui a pour lui la simplicité dans son origine, dans ses procédés, et la grandeur dans ses résultats. Mais démolir sans perspective de reconstruire, est oeuvre d'anarchie ; et à ma raison satisfaite de l'abri que je viens de lui conférer, il faudra donner un abri plus confortable, plus permanent : en d'autres termes, à mes hypothèses, y substituer des hypothèses plus plausibles, plus admissibles, plus rai-

sonnables.

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