MATERIALISME
Au mois de juin 1907, l'Association Médicale du district de Joliette,
avait porté sur son ordre lu jour, l'étude de : “La Cosmogénie, la Biogénie, l'Anthropogénie". Et sur la demande du President, nous avons remis la consi lération de ces ‘sestions importantes, à la réunion de septembre, afin de permettre à \onseigneur Archambault, l'assister et le prendre part à nos délibérations, sur la demande expresse de Sa Grandeur, comme la Correspondance suivante en fait foi.
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Saint-Gabriel de Brandon, 28 août 1907.
A Monseigneur Archambault, Joliette.
Monseigneur,
La prochaine assemblée de l'Association Médicale aura lieu à Joliette, lundi après-midi, Je 9 Septembre prochain, “La Cosmogénie, la Biogénie et l'Anthropogénie" alors sur l'ordre Ju jour,
En juin dernier, Pour vous étre agréable, nous avons ajourné ces questions au mois de septembre, afin que vous puissiez assister à notre réunion, comme vous en avez manifesté l'intention, — pour : exposer les doctrines chrétiennes'à ce sujet.
Je dois vous dire que le public instruit sera admis à cette séance.
Veuillez me croire, Monseigneur,
Votre tout dévoué,
ALBERT LAURENDEAU,
Sec.-Trés.
LA VIE
Joliette, 30 août 1907.
Mon cher Docteur, :
Je vous remercie de votre information. Afin assister à la prochaine assemblée de l'Association Médicale, je change la date de ma visite pastorale à l'Isle Dupas.
Mes saluts et mes voeux à Madame Laurendeau.
Votre bien 1lévoué, f JOSEPH-ALFRED,
Evèque de Joliette.
A cette séance le septembre, Monseigneur fut empêché de venir, je ne sais trop pour quelle raison. C’est alors que j'ai exposé avec quelques détaîls, dans la première partie de ma conférence : les théories scientifiques qui ont cours actuellement, sur l'évolution de la matière, l'origine de la vie, la transformation des êtres organiques; puis dans la dernière partie de mon travail, que j'ai reproduit textuellement plus haut (1), j'ai cherché à concilier les données de la science et l’enseignement de la foi, à ce sujet. Ceux qui m'ont lu, jugeront jusqu’à que point j'ai réussi dans cette tâche.
A l'issue de cett: séance, mon ami le Dr l.rolet, de Joliette, dit qu'il était en mesure de prouver que le transformisme était une doctrine fausse devant la science. Du moins, c’est ce que j’ai alors compris ; mais il appert que j'ai fait erreur; cela ressort de la correspondance que j'eus alors avec mon confrère. Mon distingué ami affirma qu'il n'avait eu en vue que le matérialisme et non le transformisme. Je lui
fis remarquer qu'il déplaçait la question, qu’il changeait le terrain où
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Mprietiigtihionnineninr orsmugis
je m'étais placé; mais qu'en tous cas, s'il prétendait assimiler les doc-
trines que j'avais léveloppées au mutérialisme, j'acceptais la discussion,
dans ces conditions là.
C'est pourquoi à la séance de décembre (1907), mon ami le Dr
Barolet fit une conférence sur le Matérialisme, conférence très fouillée,
trés étudiée, très renseignée, digne en un mot, de la science le mon
confrère,
Je lui donnai la réplique, que je transeris ict :
Monsieur le Président,
Messieurs,
Permettez-moi de féliciter Mon confrère, M. le Dr Parolet. Son
travail est bien fait, je le crois consciencieux ; en tous Cas, il est dans
les traditions de notre profession, en autant qu'il est démontré que
les médecins sont travailleurs, instruits, so-vent même érudits : — c'est
que, voyez-vous, le médecin est obligé de tenir son esprit, son intelli-
gence dans les hautes sphères des sciences médicales, — et nous pou-
vons dire, je crois, sans orgueil, sans ostentation, que les plus grandes
questions qui ressortissent à la science : l'homme, son c ‘gine t sa tin
matérielles, sont strictement du domaine de la médeci:
Mais, l'origine et la fin matérielles de l'homme, ne constituent pas
à mon sens, le matérialisme, c'est Pourquoi, avant d'aborder la très in-
téressante question traitée par mon confrère: “Le matérialisme con-
damné ou réfuté par la science”, je ferai remarquer aux médecins
; qui font partie de notre association, que ce sujet à l’ordre du jour,
n’est pas ‘out à fait le notre domaine ; partant, l’on pourrait observer
que la magnifique science à lequelle nous avons voué notre vie, est as-
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sez vaste, assez riche, pour y trouver nos sujets d'étude et de discus-
sion ; — indubitablement l'on aurait raison.
Si pour ma part, j'ai cru ne pas nr'opposer à Cette excursion paramédicale, c'est que d'abord, j'ai accédé au désir manifesté par un confrère, que je tiens en estime: puis c'est atssi pour permettre de tirer au clair certaines sourdes accusations, certaines insinuations mal veillantes, que l'on a répandues à mon endroit, au sujet d'une causerie et d'une conférence, que j'ai données ici, en mars et en septembre dernier.
Avant d'examiner certaines propositions, qui m'ont paru intéressantes où critiquables, dans la conférence de mon ‘mi, je crois qu'il faudrait d'abord bien s'entendre sur la signification du mot matéria-
lisme et sur la valeur des systèmes matérialistes.
L'on a défini le matérialisme: un système qui réduit tout ce qui
existe, à l'unité de la matière: mais, en quoi consiste la matière ? En
dernière analyse, la matière est un point infiniment petit, un aioime
centre de force. 11 est pour moi incontestable que Buchner à raison, quand il affirme que: “Il n'y a pas ‘le matière sans force.” — Mais, il ne faut pas se méprendre : ce que je viens de vous exposer ,est strictement du domaine des sciences naturelles, de Ja physique, — et j'ai lieu
de croire que ce n'est pas ce qui doit nous occuper en ce moment,
Quel est le sens vulgaire, le sens ane nous donnons, nous ici, catholiques de la province de Québe: au mot matéria!isme ? Si je ne me trompe, l'on a l'habitude de considérer le matérialisme comme l'antinomie du christianisme ; en d’autres termes, quand l'on dit d’un canadien : “c’est un matérialiste”, cela équivaut à dire : “c’est un homme qui
ne croit ni à l’existence de Dieu, ni à l'immortalité de l'âme”.
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\msi entendu, je crois Qu'il serait injuste l'appliquer l'etiquetts de matérialistes, aux conférences que j'ai données ici en mars et en septembre dernier et que l'on semble viser, Afin de vous en mon trer l'esprit, permettez-moi. messieurs, den citer tuxtuellement la von elusion : “En dernière analyse, “ai-je dit alors, “le matérialisme est une doctrine qui professe que la matiere est éternelle, qu'elle à toujours existé et quelle existera dans l'infini des temps. Cette forme a pris aujourd'hui le nom de Monisme "Le monisme", lit Hacekel, est la
conception unitaire de la nature entière.”
“Messieurs, men n'est plus éloigné ie ma Conception cosmogo
nique, que le matérialisme du professeur d'lena, puisque J'ai évoqué à
l'origine le la substance primitive, ce Créateur que les chrétiens appel
lent Dieu."
Je définirai ainsi le matérialisme, où si l'on veut, l'unicisme, que je professe: la croyance en un Dieu créateur de la matière animée, cette mati re, une dans son origine, de méme que l'energie qui lui est inhérente, une dans sa forme primitive: matiére cet énergie ayant la faculté d'évoluer incessamment. Et avec cette définition que j'ai donnée en mars, que j'ai repétée en septembre et sur laquelle j'appuie aujour l'hui, il me semble que l'on pent concilier le credo de la foi et le
credo de la science.
Mon ami, le Dr Barolet, m'écrivait en août dernier, — et je constate aujourd'hui qu'il n'a pas modifié son opinion à ce sujet: “Il ne suffit pas, à mon humble avis, Four rejeter le matérialisme, d'a mettre l'existence d'un Dieu créateur de la matière, [1 faut de plus, reconnaître que ce Dieu a créé, sinon les organismes considérés comme tels,