CONCEPTION DE LA VIE CHEZ LA SUCCESSION DES PEUPLES
Aperçu historique.
Nous connaissons très peu les conceptions des peuples sur la vie, avant la période étonnante et glorieuse de l’hégémonie grecque ‘ans presque tous les domaines de l’activité humaine, période qui s’éten1 du VIe siècle, jusqu'à la domination romaine, maïs plus particulièrement entre les VIle et IVe siècles. 11 en fut sans doute de l'enfance des sociétés asiatiques les plus anciennes, comme il en est encore chez ‘les peuples à mentalité primitive : l’on conçut la vie, ou plutôt les vies diverses, comme des entités actives, indépen:lantes, et volontaires : d’où le fétichisme. De cette conception résulte, que la force vivante n'étant pas dans la matière, dans la chose sensible, mais simplement unie, accolée aux objets, l’on prêta à cette force, toute sorte d’attributs, de pouvoir, de vouloir. C’est ainsi, que l’on a supposé des dieux dans les animaux les plus stupides, les objets les plus immondes. Toutefois, cette conception naïve et simpliste de la vie s’affina parallèlement à la civilisation, chez les peuples qui se sont succédés dans l’antiquité. Ainsi, chez les Grecs, car il faut toujours en revenir là, comme au pivot, au centre intellectuel de l'humanité avant Jésus-Christ, Démocrite, profond penseur, vaste génie, tenta l’un des premiers de substituer une hypothèse rationnelle de la vie, aux spéculations mystiques et
absurdes qui avaient cours à son époque. Démocrite comprit que la vie,
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phénomène naturel, était attachée à la matière, ou pour parler son langage, “aux atomes”. Pour se former une idée de l’ampleur de son génie, de sa prescience, il suffit de citer ces pensées qui sont de lui: “L'âme est composée d’atomes impondérables”, Puis, “Les ètres reuvent naître, vivre et mourir, mais non les atomes qui les composent”. Enfin, “Rien ne se fait de rien”. D'un seul coup, il avait compris, deviné, affinmé les admirables lois de Lavoisier et de Robert Mayer. Aujourd’hui encore, la science la plus avancée ne peut aller au-delà des affirmations de Démocrite. Malheureusement, ces notions basées sur la véritable observation et la pure raison ont été trop tôt altérées par Aristote et surtout par Socrate et Platon, qui ont substitué l’animisme, le dualisme, le spiritualisme, l’idéalisme, aux conceptions rationnelles de Leucippe 4’Abdère, de Démocrite, d’Epicure, d'Empédocle et d’Asclépiade. Cet animisme d’Aristote, de Platon, de Pythagore, de Saint- Augustin, de Van Helmont, de Stahl, etc., suppose que la vie est une force indépendante, séparée de la matière, se promenant en quelque sorte entre les corps jusqu’au moment où il lui plaît de s’accoler à un objet quelconque pour en faire un être vivant. Nous verrons plus loin que cette théorie est insoutenable et ne repose sur rien autre chose que des spéculations chimériques.
Avec Bordeu, Barthez, en un mot, toute l’école de Montpellier, J'animisme se transforma en vitalisme. A dire vrai, à mon sens, animisme et vitalisme sont deux termes différents d’une même conception, d’une même entité, La vie d’après cette école, consiste en “in principe vital indépendant de la matière. Mais c’est encore du Platon,
Ju Saint-Augustin! Pardon, le vitalisme sépare cette force de lPâme.
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on lan- L'animisnie, c'est i âme des corps, tandis que le vitalisme n'est pas l’âme, de son | ce n’est qu’une force physique animée, Si c'était l'intention des vitalistes de lui: de chasser la métaphysique de leur système, ils n'y ont réussi qu'à \ies f£u- tit. Si chacune des deux sectes eût commencé par etablir ce qu'est osent”. l'âme, le vieil animisme et le jeune vitalisme eussent sans doute été bien s, devi-
inquiets, où trouver un terrain de chicane ; mais l'esprit humain a tou-
r. Au- jours aimé mieux controverser sur les mots, que sur les choses, lelà des Plus tard, l’on a créé le néo-animisme, le néo-vitalisme : — et comées sur bien d'autres produits de la déraison, qui ne valent pas d’être examinés, ées par Cependant, l’homme est tellement attaché à son passé, à ses préjugés, imisme, qu’il tiendra longtemps à ces constructions vieillottes et falotes ; peutmnelles ; être même préférera-t-il en détourner le sens, que d’en abandonner + d’'As- 4 l'usage. Si donc l’on voulait absolument conserver “le principe vital” : + Saint- dans le langage médical, voici la signification que je proposerais de ét BE Ë lui donner : je ferais de ce principe l'équivalent de l’affinité chimique ; nie l l'un n'étant que la forme simple, l’autre serait la forme compl quée des RE mèmes processus, l’un représentant de la chimie inorganique, l’autre :
de la chimie organique et tous deux en dernière analyse ne seraient cidre que les résultats de l'énergie primordiale. , : ose que
tpellier, .
n Sens, ne con- É ke e en ‘in Platon,
e l'âme.