‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 100 sur 191 · Mis de Belleval, Nos Pères, p. 107 à · texte numérisé non relu

Mis de Belleval, Nos Pères, p. 107 à

justaucorps de 500 écus1. Un pareil faste concorderait mal avec l'idée que l'on doit se faire de la fortune des nobles et des officiers français. On est souvent porté à amplifier les faits dans le passé comme dans le présent. En 1682, Catinat écrit d'un de ses officiers : « Je ne sais point qui vous a parlé des galanteries et des magnificences de Laugier. C'est un garçon naturellement économe et qui tout au plus vit honestement. Il a un carrosse et deux chevaux, ce qui tout ensemble luy a cousté soixante et dix pistoles, et un vieux cheval blanc pour ses rondes, un nombre de domestiques qui n'est que convenable 2. » Mais il n'en est pas moins vrai qu'il faut pouvoir vivre honnêtement, et comme les camarades. Les parents peu fortunés se saignent pour faire le trousseau de leur fils qui entre au service, pour lui procurer chevaux et valets. Une mère de famille achète pour son fils aîné, qui vient d'être pourvu d'une sous-lieutenancc dans le régiment d'Orléans, jusqu'à dix paires de bas de soie et plusieurs douzaines de chemises garnies de fine batiste3. Une autre mère de famille vend sa toilette d'argent 1,000 écus, pour permettre à son fils de remettre sur un bon pied sa compagnie décimée par une épidémie '*.

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