Contrat de mariage de 1740. Arch. de L'Aube, E
besoigneuse. Ce n'est pas d'ordinaire leur profession qui les enrichit. Malgré les ordres supérieurs, qui défendent aux aubergistes de leur faire un crédit illimité1, ils font plutôt cIps dettes que des économies. Que, sous Louis XIII, certains capitaines aient fait d'heureuses campagnes, qu'ils aient su réaliser d'une manière avantageuse le produit de leur butin; que d'autres aient pu tirer des bénéfices exceptionnels sur les fournitures et les contributions; que des généraux en chef se soient approprié aux dépens de l'ennemi des sommes considérables, cela est possible, mais cela estplutôtexeeptionnel que fréquent. Un capitaine, sous Louis XIV, veut se retirer du service, à l'âge de 60 ans, avec 28,000 francs qu'il a gagnés : 28,000 francs qui en valent bien G0, 000 de notre temps; avec cette somme et le prix de sa compagnie, qu'il compte vendre 2,000 livres, il a l'intention d'acheter une place de major2. En général, on se ruine plus à la guerre
1. Louvois écrit, le 11 juin 1681, à l'intendant Le Bret : « Il est dû des sommes considérables par les officiers des troupes qui ont changé de garnison à ceux qui leur ont fourny la nouriture, et comme estant payez aussi régulièrement qu'ils sont, l'intention de Sa Majesté n'est pas qu'ils fassent des debles, qui n'estant pas payées causeront un préjudice considérable à ses sujets, elle m'a commandé de vous faire savoir qu'elle désire que vous empêchiez que les aubergistes fassent crédit aux officiers pour plus de trois semaines, leur déclarant que s'ils le font pour plus longtemps, elle ne donnera ancun ordre pour leur paiement, lorsque ces officiers viendront à changer de garnison... » (Correspondance de Le Bret, Bibl. nationale, man.. anc. fonds français, 8821.)