La Conduite de Mars, 1685, p
3. Au xvne siècle, Ponlis s'engage à 14 ans-, Marchin, à 13 ans (duc d'Aumale, t. IV, p. 274); au xvine, le marquis de Mirabeau, à 13 ans, dans le régiment de Duras, où son père avait commande (De Loménie, les Mirabeau, 1. 1, p. 355) ; Miollis, à 13 ans, dans le régiment de Soissonnais. — Cependant des ordonnances de 1686 et de 1717 interdisaient les engagements avant 16 ans accomplis. (Encyc. meth., Art militaire, t. I, p. 50.)
mie ! . » Les volontaires de cet ûge et de ce rang ne pouvaient être soumis à aucune discipline; ils suivaient les états-majors, toujours disposés aux missions périlleuses, mais dispensés de tout service journalier. Ils s'engageaient pour faire la guerre, non pour rester dans les garnisons. Il faut les distinguer de ceux qui entraient dans Farinée pour y faire l'apprentissage militaire. Trop nombreux, trop souvent mal disciplinés, on voulut sous Louis XIV assujettir ces derniers à Tordre, à l'uniformité, à la régularité, qu'on s'efforçait de faire prévaloir dans toute l'armée; on chercha à diminuer leur nombre et aies réglementer. C'est ainsi que Louvois voulut qu'il n'y eût plus par compagnie que deux cadets, âgés au moins de dix-huit ans; il en limita le nombre à cinquante dans les gardes'. Plus tard il essaya de les supprimer, mais en vain. Il y eut toujours des volontaires ou des cadets dans l'armée, qui portaient des dénominations parfois différentes1, mais que l'on admettait toujours dans l'intention d'en faire des officiers. Soumis aux obligations du soldat, ils ne se distinguaient de lui, à la fin du règne de Louis XIV, que par quelques « agré-
1. Lettre du 15 mai 1667. Lettres de mesure Roger deBabutin, comte de B-ussy, t. III, p. 35, 36.
2. De Montzey, les Institutions d'éducation militaire jusqu'en 1789, p. 90.
3. De Guignant, l'École de Mars, ou Mémoires instructifs sur toutes tes parties qui composent le corps militaire, Paris, 1725, t. I, p. 090.
ments » qu'on mettait sur leurs habits. Beaucoup avaient ainsi commencé une carrière qui devait être glorieuse pour eux. Marchin, qui s'était enrôlé dans le régiment cosmopolite levé par le comte de Tilly, racontait plus tard : « Nous étions là vingthuit gentilshommes lorrains, Avalions, allemands, dont quatorze sont devenus généraux en chef1. » Dumouriez débuta en 1753 comme cavalier dans un régiment où se trouvaient douze autres volontaires2. Pendant la guerre, certains chefs faisaient des avantages spéciaux aux jeunes gens qui entraient comme volontaires dans leurs régiments. Le colonel du régiment de Grassin essaie de les attirer en faisant valoir, dans une affiche de recrutement, l'intérêt qu'ils auraient à s'engager sous ses ordres. « Les volontaires, dit-il, étant tous gens de famille qui vivent ensemble, leur service est agréable. Ils ont les mêmes maîtres d'armes, de danse et autres exercices que les cadets gentilshommes que le Roy entretient dans ce régiment; et s'ils ne jugent pas à propos de continuer d'y servir, le colonel se fait un vrai plaisir de lesprotéger, pour leur procurer de l'emploi ailleurs3. »