I. Arch. de l'Aube, E
Louis XVI même, des officiers de bonne éducation, mais solides buveurs encore, se posaient en champions de leur régiment et de leur pays, et il s'établissait entre eux et leurs rivaux une lutte qui finissait par la perte de l'équilibre et de la raison de l'un d'eux. Le marquis de Conflans remporta plusieurs victoires de ce genre sur des Anglais , victoires pénibles pour le vainqueur, qui devait se résigner à boire de l'eau pendant huit jours afin de se remettre. Le bailli de Mirabeau, dans sa'jeunesse, ne sortait de prison que pour aller « se perdre d'eau-de-vie * ».
Le jeu était un passe- temps moins avilissant, mais plus dangereux. Il ruinait les uns, il enrichissait quelques autres. Campion renonce aux dés, où il est malheureux, pour jouer aux cartes et au trictrac. « Comme j'y suis bon joueur, avoue-t-il, j'en ai subsisté longtemps ». C'est tout comme le personnage du Glorieux, de Destouches3 :
Et tout son revenu, si j'ai bonne mémoire, Vient de sa pension et de son régiment; Mais il sait tous les jeux et joue heureusement.
Les malins, je ne veux pas dire les fripons, gagnent; les autres, comme Grignan, finissent par
1. Bassompierre , Mém. t. I, p. 145.— Comte de Vaublanc, Mém., p. 69. — L. deLoménie, les Mirabeau, t. I, p. 102. — « J'ai vu des officiers se soûler, écrit Mauvillon, non par occasion, mais par habitude. {Lettres françoises et germaniques, p. 20.)