Comte de Tilly, Mém., p
3. Les maréchaux duc de Duras et prince de Reauvau , le lieutenant général comte de Bissy, les maréchaux de camp marquis de Montesquiou-Fezensac, de Boufflers et comte de Guiberl, le mestre de camp de cavalerie de Saint-Lambert, le lieutenant-colonel de dragons de Florian, le capitaine de cavalerie de Rulhière. (Almanach royal, pour 1789, p. 502 à 505.)
4. Essais historiques sur les régiments d'infanterie, cavalerie cl dragons, par M. de Roussel, 17G3, 9 vol. in-12. Cet ouvrage intéressant n'a pas élé terminé. L'abbé de Neuville avait publié en 1734 un Abrégé clironologique et historique de la maison du roi, en 3 volumes in-4°.
mais la plupart ne s'adressent pas au public, ils se contentent de rédiger leurs idées sur les réformes militaires, et d'en former des cahiers, plus ou moins volumineux, qu'ils envoient au ministre. Plusieurs cartons des archives de la guerre sont encore remplis de mémoires de ce genre , rédigés surtout de 1750 à 1790, et présentant les spécimens les plus variés d'observations sagaces et puériles, de style et même d'orthographe '. Jamais on n'écrivit tant sur la guerre qu'au moment et à la suite de la guerre de Sept ans2. Les défaites provoquent parfois plus d'études et de commentaires que les victoires.
1. Citons, entre autres, parmi les auteurs de mémoires, de Saint-Hilaire, de Castries, les vicomtes de Flavigny et de Saufield, les comles de Melfort et de Lhospital, Richard, de la Roche Lambert, de Solhaubère, le baron Demaes, de Scallier, Maltzen (1776), de Wonves 1777 Vietinghof, Vial, Gigot, etc.
9.. Lettre de Voltaire, du 3 septembre 1758. — La Tactique, par Voltaire. — Duc d<> Broglie, le Secret du roi. t. I, p. 385.
Le refrain d'une chanson du temps de Louis XIV est ainsi tourné :
Je prétends tous les ans me battre, aimer et boire (bis). Mars, Vénus et Je vin auront chacun leur tour; Je laisse le printemps et l'été pour la gloire, L'automne pour Bacchus et l'hyver pour l'amour1.
La jeunesse française, en effet, et surtout la jeunesse militaire, se pique de galanterie. Servir son dieu, son roi, sa dame, estime devise chevaleresque; au dix-huitième siècle, on dit plus volontiers, comme le refrain de Favart :
Servir le roi, servir les dames, Voila l'esprit du régiment.
Et rli, et r'ian.
Avec les doctrines qui ont cours dans le monde : « Il faut que jeunesse se passe; — il faut qu'elle jette sa gourme » , rien de surprenant que les jeunes officiers, dégagés de toute surveillance de famille, se fassent presque un point d'honneur de mener une vie irré-
1. XFIe livre d'airs sérieux et à boire, par .M. de Hausset, 1G93.
gulière. Quelques-uns ont eu le soin de relater clans leurs mémoires les circonstances de leurs écarts et de leurs principales bonnes fortunes1; on y trouve l'écho affaibli de leurs conversations, le reflet de leurs occupations quelquefois les plus absorbantes. Que faire dans un quartier d'hiver maussade, où les distractions honnêtes sont rares? Comme on loge chez l'habitant , il est si aisé de faire la cour à sa femme ou à sa fille. Quelquefois le roman ébauché finit par un mariage; plus souvent, on se contente d'une promesse qu'on ne tient pas. La famille se plaint, et comme l'officier est souvent influent, ce n'est pas elle qui obtient justice. La mère de la nièce d'un chirurgien envoie une plainte de ce genre au ministre; celui-ci demande à l'intendant s'il croit « qu'il soit dû quelque dédommagement à cette fille , qui n'est pas d'un estât à espérer que cet officier puisse l'épouser2 ».
Naturellement , l'officier cherche à plaire ; il dépouille son air martial clans le monde. « Le guerrier, dit-on en 1780 , a quitté son verre, sa pipe et ses moustaches pour se mettre à la suite des femmes et apprendre à juger des modes ;î. » Les femmes ont du reste un faible pour les militaires; elles les estiment
1. Mém. de Bassompierrè, de La Colonie, du prince de Montbarey, de Tilly, de Valfons, etc.