‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 124 sur 191 · Comte de Saint-Germain, Mém., p · texte numérisé non relu

Comte de Saint-Germain, Mém., p

pacité , dit Vauban en parlant d'un de ses ingénieurs, que celle de n'avoir rien que son emploi et de faire un mariage qui pour tout bien lui donne une femme '. » « Vu officier marié tient plus à la vie qu'un célibataire », écrit l'auteur de l'Esprit militaire1. Aussi beaucoup restent-ils célibataires ou cessent de l'être seulement lorsqu'ils sont revenus dans leurs foyers. S'ils ont quelques blessures ou quelques infirmités, peu importe. Jean- Antoine de Mirabeau, laissé pour mort à la bataille de Cassano , revient chez lui , le bras brisé , la cou fendu et soutenu par un collier d'argent ; il épouse à quarante-deux ans une jeune personne dont il a sept enfants3. D'autres se marient presque enfants, avant d'aller au régiment, où ils ne se piquent pas d'une fidélité scrupuleuse envers leur femme.

Au régiment , il fallait l'autorisation du ministre pour se marier. Un lieutenant d'infanterie la sollicite dans ces termes, en 173G :

Monseigneur,

Etant née gentilhomme avec peu de bien et trouvant dans un établissement usée considérable pour moi de quoi me soutenir plus honorablement au servi ee de sa majestée, ozerai-je vous supplier, comme

1. Lettre du 19 novembre 1700. Lettres du maréchal de Vauban, Bull. hist. du comité des travaux historiques, 1888, p. 248.

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