Ployait, p
2. («Mille de Vaublanc, Mémoires, p. 10. :î. Arcli. de l'Aube, 1-:. 988.
La surexcitation, les privations, les fatigues, les émotions violentes de la guerre, non moins que la vie oisive et dissipée de la garnison, façonnent d'une certaine manière le caractère des officiers; elles lui donnent, avec moins d'assiduité au travail , plus de relief, de vigueur, de ressort, qu'à celui des autres hommes. Le dédain du danger leur inspire l'orgueil de leur métier; ils bravent la mort sans réflexion, et sans se soucier de l'avenir de leur âme. Habitués à commander, plus encore qu'à obéir, ils ne souffrent aucune contradiction. Ils avaient pour la plupart une vivacité emportée , que Louis XIV voulait réprimer, mais en vain1. C'était bien d'avoir l'air dispos, leste et avantageux ; mais il ne fallait point être irascible comme le maréchal de la Ferté, qui jeta son valet de chambre dans le feu , parce que celui-ci avait perdu sa bourse contenant 600 écus. Le grand-père de Mirabeau, ayant été porté absent par un commissaire inspecteur, lui donna une volée de coups de canne, en disant : « Puisque je suis absent, mettez que ceci se passe en mon absence2. » Un officier, irrité de ce qu'un de ses soldats n'a pas été soigné immédiatement dans un hôpital , court après le directeur de cet hôpital, l'insulte sur la promenade et le met en joue avec son pistolet 3. Fabert, réveillé plusieurs fois clans une