Recueil Cançé, t. LXI
hôtellerie de Clermont par deux jeunes officiers à moitié ivres, se jette sur eux Fépée à la main, et tombe percé de quatorze coups, dont aucun heureusement n'était grave'. Beaucoup méritaient qu'on leur appliquât ce que disait un personnage d'une comédie de Montfleury :
(les pestes d'officiers sont querelleux en diable2.
Entre eux, sous le moindre prétexte, ils mettent ilambcrge au vent. Les édits, même sous Louis XIV, ne purent jamais entièrement réprimer leur ardeur batailleuse ; ni les procès qu'on fait à ceux qui se battent en duel, ni la prison qu'on leur inflige, ne servent d'exemple efficace aux autres. Les maréchaux de France ont beau s'ériger en juges du point d'honneur. L'insulté ne trouve pas la réparation suffisante, si celui qui l'a traité de lâche et de traître est condamné à six mois de prison , si celui qui l'a menacé de coups de mains et de coups de bâtons, par paroles et par restes, est envoyé en prison pour deux ans :j. On
i. Bourrelly, Fabert, t. I. |>. i;<s. — Il esl des querelles avec les intérieurs qui finissent tragiquement. En 1608, un dragon refuse d'obéir à son capitaine, qui lui donne un coup de canne. Le dragon prend son mousquet, le capitaine saisit l'épée d'un palefrenier et tue le dragon. Une enquête, qui a lieu, est défavorable à la victime. (Recueil Cangé. t. LXI.)