Ségur, t. I, p
3. Letters concerning the présent state of the French nation , 1769, p. 117.
faire admettre à leurs repas. « C'est le parti le meilleur à prendre, ajoute-t-il, car la plupart d'entre eux sont très accueillants, hommes d'honneur accomplis , et prêts à les préserver de toute exigence déraisonnable. (On sait quelle importance Fauteur attache à ce point.) Les privilèges dont ils jouissent les font non seulement respecter, mais craindre des marchands. Ils parlent tous bon français, sont tout disposés à perfectionner l'officier anglais dans leur langue (c'est une économie de professeur); et tant qu'il se comporte en homme d'honneur avec eux, il est sur de recevoir toutes les politesses qu'il sera en leur pouvoir de lui faire... Aussi c'est avec eux surtout qu'il faut s'efforcer de nouer des liens d'intimité, et tout gentleman peut y parvenir en peu de temps en fréquentant les cafés militaires '. » Un autre Anglais vante leur désintéressement, leur soif de considération, l'estime dont on les entoure; il fait surtout l'éloge des anciens officiers, de ceux qui ont jeté leur feu de jeunesse , et dont la politesse et les manières ne laissent rien à désirer 2.
« Le ton militaire a longtemps régné en France, »
1. The gentleman' s guide in his tour through France wrote by an officer, 4e éd. 1770, p. 5, 6.
2. Essais sur 1rs mœurs des François, p. GO. — Voyez le portrait que fait Smollett d'un officier âgé de cinquante ans, distingué, poli et respecté. {Peregrine Pickle, ch. l.)— Voyez aussi, dans le Déserteur de Mercier, le type de l'officier de fortune méritant et vertueux dans le major Saint-Franc.
écrit Mercier, sous Louis XVI ; « il est tempéré maintenant par la philosophie. Le ton de la vraie politesse a enfin été rencontré. » « L'officier est poli en général, dit-il ailleurs; mais rien n'égale la politesse d'un garde du corps. A Paris surtout , les officiers sont devenus moins susceptibles et souffrent plus la contradiction. Ils n'y ont jamais du reste été insolents comme'dans certaines petites villes de province '. » A certaines époques, on leur reprochait l'excès de l'affectation et de la recherche. On en représente, sous Louis XV, passant toute la matinée devant un miroir, sortant de leur chambre comme une poupée qu'on tire d'un étui , marronnes et embichonnés, la mouche sur la joue et le rouge placé à propos, tantôt frisés en grains d'orge, tantôt à côtes de melon... M. le marquis, ajoute-t-on, descend pour dîner; le voilà qui marmotte un vaudeville et qui s'amuse à caprioler en attendant qu'on serve. Eston à table, M. le marquis raisonne pertinemment de ragoûts et de fricassées; mais sur le chapitre de sa profession, il n'entend goutte 2. » L'officier petitmaitre se rencontra surtout sous Louis XV, et sa frivolité, qui n'empêcha pas les succès de la guerre de la Succession d'Autriche , peut être regardée comme une des causes des revers de la guerre de Sept ans.
1. Mercier, Tableau de Paris, t. II, p. 233, 234, t. X, p. 159, . II, p. 240, t. III, p. 86.