‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 138 sur 191 · Conduite de Mars, p · texte numérisé non relu

Conduite de Mars, p

des domestiques de MM. de Vendôme se présentent; ils sont blessés; la femme de l'intendant envoie son palefrenier; il a la tète fendue; le gouverneur veut les faire arrêter par un sergent et six hommes. Les artilleurs s'esquivent, courent dans toutes les rues, en continuant leurs violences jusqu'à ce que des bandes de domestiques, exaspérés des blessures faites à leurs camarades, les aient bloqués dans un jeu de boules, où Ton finit par se rendre maîtres d'eux; mais ce ne fut pas sans effusion de sang-, car deux des officiers furent si grièvement blessés qu'ils en moururent ' .

Avec les simples bourgeois et les paysans, qui n'ont aucun titre officiel, certains officiers se croient tout permis. Il en est qu'on qualifie de « grands batteurs de manants, « qui ne se font pas faute d'insulter un cabaretier, un artisan, de battre un valet, un soldat; plats devant les puissants, ils sont violents à l'égard des faibles-. Ils croient qu'ils peuvent faire la loi à tout le monde : Mélac, étant dans une chambre d'auberge, ne peut dormir parce qu'une noce danse audessus d'elle; il lui enjoint de faire moins de bruit, et comme on n'en tient compte, il tire des coups de pistolet à balles à travers les planchers :i. Et les gens de loi, les procureurs, les sergents, n'est-il pas licite de leur jouer tous les tours possibles? Un brave

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