‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 139 sur 191 · Le Soldat parvenu, t. I · texte numérisé non relu

Le Soldat parvenu, t. I

i. Comte de Gobineau. Hist. d'Ottar Tari, p. 433.

2iO CHAPITRE XV.

officier, comme Pontis, a un procès; un sergent doit venir lui apporter une assignation; Pontis fait disposer dans sa chambre une trappe avec un sac; quand le sergent arrive, la trappe bascule, il tombe dans le sac, et le valeureux Pontis raconte cet exploit dans ses Mémoires [ .

Dans les villes, surtout clans les grandes villes de guerre, il est encore des garanties pour les habitants. La présence des supérieurs y rend la discipline plus stricte et le contrôle plus sévère. Mais dans les bourgades, dans les campagnes, des chefs sans scrupule peuvent abuser de leur autorité presque impunément. Le seigneur d'un village de Bretagne, qui était en même temps capitaine de cavalerie, perdit un oiseau de chasse, qui fut trouvé mort de froid au pied d'un arbre. Il réclama pour son oiseau 100 pistoles aux trésoriers de la paroisse. Sur leur refus, il envoya vingtcinq de ses cavaliers piller la paroisse. Ceux-ci, pendant deux jours, enfoncèrent et brisèrent les portes, délogèrent les paysans , cassèrent leurs meubles , burent leur cidre et leur eau-de-vie, ou les vendirent à vil prix, mangèrent tout ce qu'ils purent, et leur extorquèrent des sommes d'argent. Les pauvres habitants n'eurent pas d'autre ressource que de se plaindre au gouverneur de Bretagne , qui fit faire une enquête dont les pièces ont été conservées2. On pour-

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