‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 14 sur 191 · Mémoires de M. de la Colonie, 1727, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires de M. de la Colonie, 1727, t. I, p

3. C. Rousset, Hist. de Louvois, t. III, p. 308. \. De Guignard, l'École de Mars, t. I, j>. 090.

2i CHAPITRE III.

faire veiller à leurs mœurs, de manière qu'ils ne se corrompent point, et de les empescher le plus que vous pourrez d'aller manger chez les vivandiers l, les obligeant à faire chambrée entre eux. L'intention de Sa Majesté est qu'ils soient logés dans un ou deux corps de casernes, où il n'y ait qu'eux et leurs officiers, que l'on mette deux lits et quatre cadets dans chaque chambre2... avec des draps et des couvertures plus propres que ceux que l'on donne ordinairement aux soldats. » Le roi veut aussi qu'on « les oblige à se tenir nettement. » Avec les dix sous de solde qu'ils recevaient, ils devaient s'acheter le linge, les souliers et les autres fournitures dont ils pourraient avoir besoin. Il ne leur était pas permis de fumer, « n'y ayant rien, disait-on, qui induise tant à la crapule, et de plus dangereux pour le feu. »

Bien qu'on leur défendit de découcher 3, qu'on leur interdit la comédie et qu'on leur permit seulement le billard dans l'intérieur de leur quartier, les cadets étaient facilement portés à la turbulence et à l'indiscipline. Ils excitaient la jalousie des autres

1. 11 y avait pour eux une cantine où le prix du vin, de la bière et du cidre était fixé. (Arch. delà guerre, doc. gén., III.)

2. Ailleurs on recommandait de les mettre en nombre impair par chambrée, afin que s'il y en a un qui soit incommodé sans être obligé daller à l'infirmerie, il soit couché seul. L'infirmerie était tenue par deux sœurs grises « d'âge compétant. » (Ibid.)

3. Lettre du 23 juillet 1682. au marquis de Mesgrigny, gouverneur de Tournay. Autres documents, Arch. de la guerre, doc. gén., III.

troupes, et il fallait parfois toute la prudence des officiers pour empêcher des collisions sanglantes d'éclater. 11 y eut des duels non seulement entre cadets, mais entre cadets et officiers des autres régiments1. Il y eut aussi des révoltes, comme celles qu'on eut à réprimer à Charlemont et à Besançon. Elles furent châtiées avec une rigueur excessive. Dix cadets de la compagnie de Charlemont, ayant délivré par la force un de leurs camarades condamné au cachot, furent obligés de tirer dix billets, parmi lesquels deux portaient écrit le mot de rébellion; ceux qui amenèrent ces deux billets furent immédiatement remis entre les mains du curé de Charlemont et de deux récollets, « attachés à. deux poteaux sur la grande place, en présence des troupes rangées en bataille, et passés par les armes jusqu'à ce que mort s'en suivit2. » Louis XIV n'aimait point l'insubordination; malgré les résultats brillants obtenus dans les exercices, les compagnies de cadets furent dissoutes en 169*2 3, après la mort de Louvois, et ne furent rétablies qu'en 172(), sous Louis XV.

On créa à cette époque seulement six compagnies

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