‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 150 sur 191 · Comte de Vaublanc, Mém., p · texte numérisé non relu

Comte de Vaublanc, Mém., p

3. Ord. du 5 décembre 1710. Recueil Cangé, t. XXXVIII. — Oui. du 20 mars 1764.

la seule arme offensive et défensive de L'infanterie, dit-on; une simple épée ne peut rassurer un officier, lorsque les corps s'approchent assez pour croiser la baïonnette1. » L'officier ne se contente pas de commander; il partage les fatigues de ses hommes, comme il partage leurs périls, et justifie la supériorité de son grade par celle de sa valeur.

La communauté de périls est un des liens qui rattachent le plus l'officier au soldat; elle fait naître entre eux des rapports d'estime et d'attachement réciproques On déplore, surtout pendant la guerre de Sept ans, que les chefs ne sachent ni parler aux hommes ni s'en faire aimer, encore moins estimer et craindre2. Antérieurement, on signalait des chefs qui « ne savaient pas même le nom de leurs soldats3 ». Ceux-là, comment pouvaient-ils les rallier, relever leur courage hésitant , et , dans les moments décisifs, leur donner par leur parole l'élan nécessaire ?

L'officier envisage le péril sans effroi, avec une sorte de gaité mâle et d'insouciant défi. Il sait que s"il succombe, l'estime de ses chefs et de ses égaux environnera sa mémoire d'une auréole d'honneur. Peut-être lui accordera- t-on un grade supérieur, comme un suprême hommage rendu à sa valeur. Le maréchal

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