‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 151 sur 191 · Arch. de la guerre, adm. mil · texte numérisé non relu

Arch. de la guerre, adm. mil

2. Lettre datée du camp d'Essingen, près Landau. Recueil Gange, t. LXV.

:{. Réflexions sur les campagnes d'Italie. Ilùd.)

t. II. 17

de Castries fit donner plusieurs brevets de colonel à des capitaines tués sur le champ de bataille. Un de ces brevets fut délivré au nom du chevalier d'Assas; un autre au chevalier de Laurière , qui tomba criblé de blessures en défendant son drapeau. Mais Laurière, laissé pour mort, guérit de ses blessures et conserva son brevet; comme on ne pouvait le pourvoir d'un régiment, il reçut le commandement d'une ville i.

La valeur militaire n'est pas la même dans tous les temps. Le chevalier du moyen âge, bien abrité dans sa carapace de fer, n'ayant à craindre ni les boulets ni les balles, se garant sous son bouclier, bravant les flèches sous son armure, est bien moins exposé que le gentilhomme du dix-septième siècle, qui dédaigne sa cuirasse comme un poids gênant et se jette hardiment au milieu du sifflement des balles et des boulets. Autant le premier est lourd et guindé dans son harnois de fer, autant l'autre est léger, hardi et désinvolte. Il s'élance vraiment à la victoire ou à la mort. Il court au feu comme on va au bal. Il met des manchettes de dentelles, il se fait poudrer pour se battre; il sourira, si un vieil officier lui dit que de son temps on ne connaissait que la poudre à canon ; il ne craindra qu'une chose , c'est que le vent ne lui emporte sa perruque en chargeant, comme ce pauvre

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