Lettre de Mme de Sévi^ne, du 16 août
camarades, avec lesquels ils firent la débauche à l'allemande, et entre les verres et les pots, ils composèrent de sa rançon à vingt-cinq écus. 11 en aurait été quitte pour ce prix, s'il avait pu sortir de la ville en sortant de table; mais comme il était trop tard, et qu'il fallait attendre le lendemain, les chenapans, c'est ainsi qu'on appelait ceux qui l'avaient pris, eurent le loisir de se « désivrer » et se plaignirent de ce qu'on les avait surpris durant la débauche et que la rançon était trop modique pour un homme de sa qualité. On contesta quelque temps pour cela, et l'affaire ayant été porté à M. le prince de la Petite-Pierre , il accommoda le différend en obligeant M. de Tenissey à donner 5 écus davantage. Il lui fit mille honnêtetés, s'établit caution pour les 30 écus qu'il avait promis, lui fit donner un de ses chevaux et le fit escorter par un Suisse jusques au quartier. L'écuyer de ce prince ne fut pas moins obligeant que son maître ; car voyant M. de Tenissey sans épée, il lui dit qu'il n'était pas juste qu'on laissât sortir un gentilhomme sans la marque de sa qualité ; il ôta celle qu'il portait et la donna à M. de Tenissey, qui la lui renvoya par le Suisse , après lui avoir donné des marques de la reconnaissance qu'il avait de toutes les honnêtetés qu'il avait reçues ]. »
1. Claude Joly, Relation de ce qui s'est passé à la convocation de l'arrière-ban , en 1074. Bibl. nationale, Man., anc. fonds français, 4573, fol. 20 verso.
Si 1 on croit devoir prendre certaines précautions à l'égard d'un grand seigneur étranger, le roi pourvoil largement à ses besoins. Le comte de Waldstein est enfermé à Vincenne&en 1703. lÀroi alloue 70 fr. par jour pour sa dépense et celle de ses vingt domestiques '.
Les officiers, qui ont du crédit et des relations, peuvent prendre leur captivité en patience. Elle n'est pas bien rigoureuse dans les villes de l'intérieur du royaume, à Auxerre, à Dijon, à Mâcon, par exemple. Les officiers du régiment écossais de Steward, internés à Auxerre, se consolent de leur exil en faisant honneur aux productions de la cuisine et de la viticulture françaises. L'un d'eux doit 219 liv. à son fournisseur, 265 liv. à un pâtissier, 65 à un confiseur; un autre a acheté pour 1,038 liv. de vin; il a peut-être fait sa provision avant départir; un troisième, M. Hamilton, a dû faire homhance dans son hôtel, car il doit 3,558 liv. à son aubergiste , 200 liv. à son confiseur, 528 liv. cà son marchand de vin. Il a mis du reste cà profit son séjour en France pour compléter son éducation, en prenant des leçons de danse, qui lui ont coûté 2V liv. \ Les officiers français prisonniers m Angleterre se laissaient moins séduire par les délices du pays, et Ton en accuse un certain nombre d'avoir manqué à leur parole en revenant chez eux ;. Cepen-