‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 157 sur 191 · Pingaud, les Français en Russie, p · texte numérisé non relu

Pingaud, les Français en Russie, p

allégeaient fréquemment par leur courtoisie les charges que leur présence imposait à leurs hôtes. Tel fut le comte de Thorane, qui exerçait les fonctions de lieutenant du roi à Francfort, au commencement de la guerre de Sept ans. Il logeait chez le père de Goethe, et sa discrétion était telle qu'il ne voulut pas attacher des cartes sur les murailles, de crainte de gâter les tapisseries. Sa justice et sa probité lui valurent l'estime de tous; sévère, mais généreux, il ne causa pas la moindre dépense à la maison ; « il eut toujours soin, dit Gœthe, qui en parle avec éloges, de nous envoyer à ma sœur et à moi une large part de ses splendides desserts. » Amateur de tableaux, il s'entoura d'artistes auxquels il fit peindre des tableaux décoratifs pour le château de son frère. D'un esprit original et quelque peu fantasque, il ne cessa de se comporter à l'égard des habitants de Francfort avec autant de douceur que de bonté l. Pendant la même guerre , le marquis de Rochegude , maréchal de camp, capitaine des gardes françaises, rendit de tels services aux habitants de Cologne, que les consuls et le sénat de cette ville lui accordèrent des lettres de bourgeoisie. Les considérants sur lesquels s'appuyait cette distinction, qui n'était pas prodiguée, font trop d'honneur à cet officier et au caractère français pour n'être pas reproduits en partie : « Ayant ici, disent les

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