Baron de Sirot, Méttl., t. II, p
2. Dussieux, t. II, p. 319, 320. —Voir, les Soldais, p. 353 et s. — En 1745, Fersen lève an régiment allemand de 600 hommes à 120 1. par homme. (Duc de Luynes, Mém., t. VII, p. 121.)
voudrait qu'on empêchât leur départ, en faisant cesser la cause qui le détermine1.
Quelques officiers pouvaient être considérés comme de véritables déserteurs2; c'étaient ceux qui passaient à l'ennemi , en temps de guerre , seuls ou suivis de quelques-uns de leurs soldats. Tel un certain capitaine de dragons, qui prit, en avril 1694, le chemin de Suisse, avec quatorze chevaux et les neuf meilleurs cavaliers de sa compagnie. Cet indigne officier s'était rendu coupable de concussion pendant l'hiver, et, comme son père avait du bien, il semblait de toute justice de lui faire payer au moins les chevaux qu'il avait volés. Un autre capitaine de dragons déserte vers la même époque ; comme c'est le cinquième fils d'un avocat , qu'il s'est épuisé l'année précédente pour payer son équipage , acheter et rétablir sa compagnie, on craint de ne pouvoir s'indemniser de son départ3. De tels faits étaient rares,
1. Arch. de la guerre. Lettre du comte de Chabo, avril 1756. — En 1756, il y a dans la généralité de Caen trente-huit officiers réformés, tous de la frontière, parlant des langues étrangères, propres à faire des recrues, qui seraient enlevées aux ennemis du roi. Ils vont passer au service de l'étranger. « Avec 10,000 fr., écrit Chabo, on peut en conserver trente-huit. C'est l'élite; mais je n'en réponds plus, et dans trois mois il ne sera plus temps. »
2. L'officier, considéré comme servant le roi sans être enrôlé, n'est pas puni de mort s'il déserte. Vers 1680, on se contente de l'exposer aux portes de la ville avec un écriteau portant le mot « Déserteur » et de le reconduire dans son pays avec le même écriteau. (Recueil Cangé, t. LVIII).