Arch. de la guerre
non moins que ceux de trahison. On était assez disposé à considérer comme espions les aventuriers qui avaient été militaires { ; mais il arrivait peu fréquemment qu'on châtiât publiquement des traîtres, comme un capitaine du régiment de Ligniville , qui fut condamné, en 174i, à avoir la tète tranchée au milieu des troupes mises en bataille sur la place de Douai, pour avoir entretenu par lettres une commerce illicite et criminel avec le duc d'Aremberg, général de l'armée ennemie 2 : châtiment qui peut paraître sommaire en comparaison du supplice sauvage qui fut infligé, en Angleterre, à un certain M. de Lamotte pour une cause analogue : ses entrailles lui furent arrachées et brûlées devant ses yeux, au moment où on le pendait ; après quoi, il fut décapité, et Ton coupa son corps en quatre, « pour être, dit l'arrêt, à la disposition de Sa Majesté3 ».
Le roi s'oppose souvent à ces départs, qui privent son armée d'officiers distingués; il fait mettre à la Bastille des gens qui viennent à Paris même les embaucher pour le compte de souverains étrangers4; en cas de guerre, il confisque les biens de ceux qui
1. En 1744, un ancien garde du corps est arrêté à Valenciennes comme espion. Il a beaucoup voyagé à l'étranger; mais l'intendant le considère plutôt comme un aventurier et un assez mauvais sujet. (Arch. nationales.)