Besenval, Mêm., p. 219 à
On en citerait bien d'autres qui passent au service étranger, parce qu'ils y trouvent des grades supérieurs à ceux qu'ils auraient obtenus en France. Le baron de Sirot, La Colonie, qui ont laissé des mémoires intéressants, sont du nombre. Sirot s'en va en Italie et en Hongrie, avec une compagnie de 120 chevau-légers, sur lesquels 60 avaient été capitaines d'infanterie, lieutenants ou maréchaux de logis de cavalerie. Si quelques-uns ne passent pas à l'étranger, c'est que leurs prétentions ne sont pas accueillies comme ils le désireraient. Severat veut obtenir une majorité du duc de Savoie ; on ne lui offre qu'une compagnie, et il reste à Lyon, où l'archevêque lui donne le commandement de la forteresse de Pierre Seize1. Guibert, dans ses voyages, trouve, dans le château fantastique du comte d'Hoditz, un colonel français au service de l'Autriche, qui a roulé de régiments en régiments et fait le tour du monde 2.
Jusqu'aux derniers temps de la monarchie, on rencontre des officiers d'origine française dans tous les pays de l'Europe ; on croit que la révocation de l'édit de Nantes en avait fait sortir 5 à 6,000 3. Sous Louis XVI même, où les ministres s'opposent plus que jamais aux enrôlements à l'étranger, d'intré-
1. Voyage en Allemagne, t. II, p. 187, 188. — Sirot, Mém., t. I, p. 76. — Mém, historique de la vie d'un fantassin, p. 73.