Voir la Révolution, par H. 'raine, I. I, p. 121 à i
3. Un officier écrit de Vesoul, le l(J juillet 1790 : « Noire fête ici a tourné a la gaîté; poinl de cris de lanternes; une orgie qui a duré deux jours, où les chasseurs ont traité leurs officiers, en criant : « Ma foi! vivenl nos officier» 1 » Arcli. de l'Aube. E, 921.1
par leurs officiers , se livrent même à des manifestations contre-révolutionnaires intempestives. Ils ne se contentent pas de crier : « Vive le roi ! Vive la reine ! » ils ajoutent : « Au diable le nation! » Le roi est obligé de condamner les chefs à deux mois de prison et de faire partir les deux régiments j.
La conduite des troupes dépend souvent de celle des officiers. Là où ceux-ci sont assidus, sérieux, bienveillants et fermes, les soldats sont plus disposés à rester dans le devoir. Les colonels et les officiers de Beauvoisis renoncent à leurs congés de semestre pour mieux maintenir leurs soldats. Si dans certains corps les officiers sont obligés de se retirer, si quelques autres, comme Caffarelli et Rouget de Lisle, Fauteur de la Marseillaise , refusent de prêter un nouveau serment après le 10 août et se laissent destituer2, si d'autres, dégoûtés de l'insubordination et du désordre, se jettent dans l'émigration, il est beaucoup de nobles qui restent à leur poste, malgré les déboires, malgré les violences d'une politique qu'ils réprouvent, malgré les froissements de tout genre qu'ils subissent ; ils y restent ,
1. Lettres de Guillaume de Deux-Ponts, de Montesquieu, d'un officier anonyme, juillet à novembre 1790. Arch. de l'Aube, E. 916, 917, 921. — Plus tard, il y a des fractions de régiment, des colonels qui passent à l'étranger avec un certain nombre d'officiers ; mais ces faits sont rares. (Seinguerlet, Strasbourg pendant la Révolution , p. 141.)