‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 2 sur 191 · D'Aubigné, Mémoires, p · texte numérisé non relu

D'Aubigné, Mémoires, p

le gentilhomme ne partait pas seul; il avait des valets, des serviteurs, au moyen âge on disait des sergents, qui raccompagnaient et au besoin combattaient à ses côtés. Plus tard, lorsqu'on renonça à F arrière-ban, ce fut souvent parmi ses paysans que le jeune capitaine venait faire des recrues pour former sa compagnie. Les paysans, qui n'auraient pu apprécier sa science militaire, connaissaient du moins les preuves de force, d'habileté et de résolution qu'il avait pu donner au milieu d'eux dès son enfance.

Les officiers de l'armée ne se recrutaient pas, on le sait , exclusivement dans la noblesse ; mais c'était dans la noblesse que se conservèrent longtemps les traditions, les instincts et les aspirations militaires. Venaient-elles à s'affaiblir, le roi savait au besoin leur rendre plus de vigueur. Louis XIV n'admettait pas que les jeunes gentilshommes en état de servir se dérobassent aux devoirs que leur imposait leur naissance; il ordonnait de doubler et même de tripler la capitation des pères de ceux qui se montreraient récalcitrants à ses désirs1. Pourtant l'éducation des jeunes gentilshommes les portait toujours à la guerre. Sans doute, on ne répétait plus au commencement du dix-septième siècle le vieux proverbe d'après lequel l'homme de guerre devait seulement savoir signer son nom 2 ; mais si l'on envoyait la plupart du

1. Duc de Saint-Simon, Mémoires, éd. Chéruel, t. XII,, p. 440.

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