‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 3 sur 191 · La Noue, Commentaires · texte numérisé non relu

La Noue, Commentaires

temps les jeunes nobles au collège , on se plaindra, même sous Louis XV, du défaut d'éducation des pauvres gentilshommes , qui n'instruisent leurs enfants qu'à chasser, à tuer leur ennemi et celui de leur famille l. En admettant que cette appréciation soit exagérée, tout porte l'enfant, dans la gentilhommière paternelle, à rêver l'éclat et la gloire militaire. Dans les longues soirées d'hiver, au coin de la grande cheminée où pétillent les troncs d'arbres, les récits de l'aïeul et du père sont des récits de chasse et de guerre ; ils aiment à rappeler les aventures et les dangers de leurs campagnes , les hauts faits de leurs chefs et de leurs frères d'armes; aux murs de la salle principale sont suspendus les portraits des aïeux revêtus de leurs cuirasses et plus tard de leurs uniformes; et dans ses chasses, dans ses parties de cheval, à ses heures de loisir, l'enfant a souvent pour interlocuteur un vieux serviteur qui a suivi le père ou l'aïeul à l'armée, et qui se plaît à donner, sans se lasser, des détails sur la vie des garnisons et des camps.

Parfois le père, passionné pour le métier des armes, l'emmènera faire son apprentissage militaire à la guerre, à ses côtés. Sous Louis XV, un capitaine, aussitôt que son fils unique a atteint l'âge de neuf ans, l'emmène chaque année à l'armée, avec une

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