Mém. d'un nonagénaire, note de M. Port, I
suivirent pendant quelque temps les cours de l'académie d'Angers, qui était logée par la municipalité de cette ville1. L'académie d'équitation dcCaen, réorganisée en 1719 et plus tard mise en vogue par les leçons du frère de la Guérinière, recevait de même un grand nombre déjeunes Anglais appartenant aux premières familles de leur pays'2. Ils n'y donnaient pas toujours l'exemple de la sagesse, pas plus que les jeunes Français, qui, comme le marquis de Mirabeau, se livraient, en dehors des cours, à des actes de turbulence de tout genre3. Un jeune Anglais, pensionnaire à l'académie de Gaen, s'enivra au point de mettre la garde dans la nécessité de l'arrêter. Le gouverneur fit mettre dehors cet « académiste, » en disant « qu'en cette qualité seule il devait être traité comme un officier français 4. » Il y avait souvent, en effet, des officiers parmi les académistes, et comme ceux qui n'avaient aucun grade étaient destinés à en recevoir un, que d'ailleurs la qualité de gentilhomme impliquait le droit de l'obtenir, il semblait naturel qu'on leur en conférât par avance les privilèges.
1. La ville avait acheté en 1090 un hôtel pour y installer cette académie ; il agrandit les bâtiments et les reconstruisit, à différentes dates. En retour, l'académie recevait gratuitement les enfants du maire et, à moitié prix, ceux des habitants-, ceux-ci payaient 2 louis d'or de pen- Mnii par mois. (C. Port, Inv. Arc//. d'Angers.) Il y avait aussi une académie à Saumur en 1690.