Marquis de Belleval, Nos pères, y
2. Sous Louis XIV, il y en eut 72; jusqu'en 1787, il y en eut 30 à la petite écurie. (G. de Carné, p. 102.) — État de la France. — Dussieux, le Château de Versailles, t. II, p. 161, 162.)
variés, un relevé, deux entrées garnies de légumes, deux hors-d'œuvre, un rôti, deux salades, trois entrées et trois plats de dessert. Le costume, on pourrait dire la livrée, était élégant et superbe. Sous Louis XVI, un costume de page de la chambre coûtait 1,500 francs ; il était de velours cramoisi, brodé d'or sur toutes les coutures ; les pages des écuries étaient vêtus de bleu, galonnés de soie rouge et blanche1; ils accompagnaient le roi et les princesses dans leurs sorties en voiture et à la chasse.
Il y avait, il est vrai, pour les jeunes pages, des revers à la médaille. Les nouveaux étaient maltraités (ne pourrai-je pas dire brimés?) delà manière la plus désagréable par les anciens. Pour la moindre faute, ceux-ci faisaient mettre ceux-là sous huit robinets qui versaient des flots d'eau dans une cuve de marbre placée dans la salle à manger. Le nouveau n'avait rien à lui; il devait obéir sans murmurer à l'ancien, et subir les arrêts, les pensums et les coups de férule qu'il plaisait à l'ancien de lui infliger. On alla même jusqu'à appliquer à l'un d'eux un éperon brûlant sur la peau, de manière à lui en laisser la marque. Il parait que ces traitements ridicules, parfois même barbares, avaient pour résultat de si bien former le caractère, que « jamais, disait-on, un page n'était entré dans un régiment sans y être bien vu et chéri de tous. »