‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 28 sur 191 · Comte de Saint-Germain, Mémoires, i · texte numérisé non relu

Comte de Saint-Germain, Mémoires, i

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quarante chevaux, presque tous de race normande ou espagnole, de 4 pieds 8 ou 9 pouces de taille, valant les premiers environ 800 livres, les autres de 6 à 700. Toutes les nuances de robe, surtout le bai, le gris et le noir, se rencontraient parmi les chevaux, qu'on désignait sous les noms flatteurs de « le Fin, TÉveillé, l'Agréable, le Fanfaron et l'Aimable1. » L'écuyer de l'hôtel, d'Auvergne 2, était un cavalier accompli , et quand il montait son cheval noir « l'Andalou, » que lui seul avait pu dompter, il excitait sans réserve l'admiration des jeunes gens de l'école. L'escrime et la danse n'étaient pas moins en honneur que l'équitation. Le maître en fait d'armes, Rousseau, recevait 1,800 fr. d'appointements et se faisait suppléer par son prévôt. Deux maîtres de danse donnaient leurs leçons de k heures un quart à 7, heures du soir; ils se plaignaient de ce que les élèves n'en profitassent pas assez, « parce que chacun d'eux ne prenait que trois quarts d'heure de leçon individuelle ; » aussi demandaient-ils un prévôt, qui eût été uniquement chargé déjouer du violon"'.

1. Les chevaux sont achetés d'ordinaire à cinq ans. Le moins cher est un cheval navarrois, payé 360 1. La nourriture d'un cheval coûtait environ 500 fr. par an; il mangeait, en 1756, par jour une botte de foin à 8 sous 6 deniers, une botte de foin à 4 sous et deux tiers de boisseau d'avoine. (Arch. nationales, MM. 661.)

2. 11 reçut en mars 1768 une gratification de 1,000 livres par an pour ses talents connus, ses soins et son exactitude. (Archives nationales, MM. 662.)

3. Ces maîtres s'appelaient Feuillade etLamy. Règl. du 31 marsl773.

La tenue , le savoir-vivre , la propreté tenaient une grande place dans l'éducation des futurs officiers. Pendant les repas, deux inspecteurs des études faisaient des rondes autour des tables pour faire observer le silence , veiller à la politesse et au maintien des convives. Se tenir mal, manger de mauvaise grâce, contracter des tics nuisibles, qu'il était important de détruire dans leur commencement, mettre les coudes sur la table , autant d'infractions contre la civilité que les inspecteurs devaient réprimer. Le sentiment de la propreté n'était pas toujours facile à inculcpier. Les plus mal tenus devaient être peignés , pendant la récréation , en présence de leurs camarades; « et ce, disait-on, pour leur donner la bonté de leur malpropreté. » Les dimanches et fêtes, le « peigner général » était fait par division en trois quarts d'heure, par de nombreux garçons perruquiers. Les élèves qui déchiraient leurs habits ou trouaient leurs culottes étaient non seulement privés de jeu et de promenade , mais vêtus par punition d'habits rapetassés ou d'habits de bure; ceux qui abîmaient leurs chaussures étaient contraints de mettre « des souliers de pénitence1. »

Comme le sentiment de l'honneur devait être surtout développé chez les futurs officiers, on cherchait à les maintenir dans le devoir par la crainte de la

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