Archives nationales, MM. 661, fol
2. Etat ou Tableau de la ville de Paris, 1760, p. 305 à 303. — Voir dans ['Encyclopédie l'article École militaire, par Paris de Meyzieu, directeur général des études de l'école.
3. En forme de surtout, doublé de serge de même couleur avec des boutonnières d'or et des boutons de pinebebec (Arch. nat., MM. 661.)
nourris à l'hôtel1, ils recevaient environ 1,800 francs d'appointements, sans compter les gratifications2. Ils avaient droit à une pension de 1,000 livres au bout de vingt ans de service. En 1761, 1,800 livres furent allouées au professeur de mathématiques Jeaurat, pour l'acquisition d'instruments d'astronomie; quand le sieur Pagny fut nommé, sur la recommandation de la reine , professeur de physique expérimentale, une somme de 2,400 fr. fut consacrée à l'acquisition de machines pour la démonstration de la mécanique et de l'hydraulique. L'italien était aussi enseigné à l'école. En 1767, un neveu du célèbre Goldoni, maître de langue italienne de Madame, fut nommé professeur de cette langue en remplacement du sieur Conti.
Beaucoup de jeunes gentilshommes, incapables de se plier à ces études variées et quelquefois prolon-
1. Les professeurs mangeaient dans une salle particulière, mais leur vin, sinon leur nourriture, était le même que celui des élèves; on leur retenait 400 francs pour la table, sur leurs appointements. Assimilés aux officiers, ils ne pouvaient se marier sans la permission du conseil. En 1759, il y avait à l'école 28 femmes et 32 enfants. On décida alors qu'on cesserait de les loger. 11 y avait aussi un bibliothécaire, Meunier, à qui on alloua en 1771 une gratification annuelle de 700 francs. (Arch. nationales, MM. 660.)
2. En 1761, Junker, professeur d'allemand, reçoit 300 livres pour la première édition d'un livre intitulé : Pensées libres sur la guerre. En 1776, le conseil décida qu'on se procurerait un dictionnaire allemand purgé de toutes les obscénités dont étaient remplis ceux dont on s'était servi jusqu'alors (Arch. nat., M. 661.) Rocquefort, professeur d'histoire, obtient aussi une gratification de 600 1. outre ses appointements. (Arch. nationales, M. 254.)
gées, insensibles aux prix qui étaient décernés aux meilleurs élèves1, trouvaient à l'existence qu'on menait a l'école un caractère trop claustral; quelquesuns ne pouvaient la supporter; l'un d'eux tomba malade d'ennui et ne se releva de son lit que pour courir à un duel que des exigences de famille semblaient lui imposer. Pourtant on s'était préoccupé de leurs récréations non moins que de leurs travaux. Le conseil leur fournissait des jeux pour le dehors comme pour l'intérieur, pour les beaux jours comme pour les jours de pluie. Chaque élève avait droit à une raquette par an, et à huit volants par mois. Chaque compagnie à dix jeux de dames, dix jeux d'échecs et huit jeux d'oie. Douze jeux de quilles, douze ballons et vingt-quatre brassards étaient en outre mis à leur disposition. Quand le nombre des élèves, qui était de 200 en 1754, fut porté à 868 en 1757, il fallut augmenter le nombre des jeux. Il y eut vingt jeux de quilles, vingt ballons, cent cordes à sauter, un jeu de bagues et d'escarpolette. Le sergent-major, qui avait la garde des jeux, les distribuait au commencement des récréations-. Ils étaient pour les jeunes gens une distraction salutaire pour leur esprit, un exercice utile pour leur corps. La paume, le bal-
1. Les livres donnés en prix étaient timbrés des armes de France, irec ces mots « Hôtel de l'École royale militaire », et autour, cette devise . Prxmium et incitamentum laboris.