‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 32 sur 191 · Archives nationales, MM. G61, fol · texte numérisé non relu

Archives nationales, MM. G61, fol

Ion, les quilles étaient une gymnastique excellente.

La nourriture, que les élèves partageaient avec leurs professeurs, était abondante et assez variée; elle suscitait néanmoins quelques plaintes. Un jour maigre , le ministre de la guerre entra clans le réfectoire au moment où les élèves mangeaient du saumon salé rance et de vieux haricots criblés de trous ; le mélange de vin et d'eau qu'on qualifiait d'abondance leur était servi dans des vases d'étain dégoûtants de saleté. Le ministre, indigné, ordonna de remédier à ces abus; mais il fut changé quelques jours plus tard, et le régime ne changea pas1.

L'esprit d'insubordination se glissait dans l'Ecole comme ailleurs. En 1774, un des officiers fut terrassé et frappé. Les coupables, mis en prison, durent lui faire des excuses publiques2. Au point de vue politique , cet esprit était tempéré par le sentiment toujours vivace de la fidélité au roi. Quand celui-ci était venu visiter l'école en 1760, il avait dit au maréchal de Thomond en regardant les élèves : « Il y en a là qui deviendront vos collègues , et nous le verrons. » Ces paroles étaient de nature à stimuler l'ardeur militaire de la jeunesse. Il était plus difficile de conserver en

1. Comte de Vaublanc, Mémoires, chap.n. — Les élèves, « qui étaient au lait, » allaient le prendre à l'heure du déjeuner, dans le réfectoire des professeurs. Ils recevaient une carte, qu'on contrôlait. Il était interdit, sous peine de prison, de mettre du pain dans sa poche. (Arch. nationales, MM. 666, fol. 63 et 69.)

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