Les abbés de Loire, Varé et Camier
2. Lettre du 14 mars 1754. Arcli. nationales, MM. 661. — Satisfaction l'ut donnée à ce vœu. L'Encyclopédie (t. XI, p. 759) constate que « l'archevêque connaît parfaitement l'étendue et les bornes que doit avoir la science d'un militaire dans ce genre-là. »
modes, » il y avait une table servie en gras dans l'appartement de l'inspecteur contrôleur général. Le menu consistait simplement le matin en une soupe et le soir en un rôti de viande de boucherie et du riz au gras, mais seulement les dimanche, lundi, mardi et jeudi, jusqu'à la semaine de la Passion. Les officiers et les professeurs devaient aussi manger à cette table et ne pouvaient y être admis que sur un certificat du médecin de l'hôtel. L'inspecteur des études Beauzée , membre de l'Académie française , dut se faire ainsi autoriser, en 1763, pour aller diner et souper à l'infirmerie. Le conseil d'administration , qui lui accordait cette permission, avait soin d'ajouter : « Et cela sans tirer à conséquence. »
Le samedi soir, de cinq heures et demie à neuf heures, était réservé aux exercices de piété. Ce jour-là un certain nombre d'élèves « étaient nommés pour la confession. » L'archevêque venait en grande pompe, chaque année, donner la confirmation à l'hôtel ; un banquet, suivi d'exercices militaires, lui était offert à cette occasion l. Il était à coup sûr mieux accueilli par les élèves quel'abbé Fauchet, qui, chargé de leur prêcher une retraite, s'était fait fort de les convertir et de leur dire leurs vérités sans ménagements. A peine est-il monté en chaire que les uns se mettent à ronfler, les autres, reconnaissant dans les
1. Registres du conseil d'administration, I, fol. 6, 7, 87, 104; II, 219. Arch. nationales, MM. GG1, 666.
périodes sonores de l'orateur le style des Nuits tTYoung, alors à la mode, murmurent à demi-voix : <( Young , Young ! » Fauchet s'emporte, menace, tonne, et ne réussit qu'à provoquer un sommeil factice chez tous les élèves, dont les ronflements affectés accompagnent le reste de son discours *.
Les études étaient en général assez satisfaisantes. A l'examen de 1773, si les élèves d'une classe sont qualifiés de médiocres par l'intelligence et de fort dissipés pour la plupart , dans les autres classes le nombre des « bons » surpasse de beaucoup celui des « passables » et des « médiocres 2. » On se demandait pourtant si l'École militaire répondait bien à sa destination. Suivant un de ses élèves, qui fut plus tard ministre :î, elle ne réussissait à former ni des officiers ni des hommes. Un écrivain militaire prétend qu'elle était nuisible aux mœurs et à la santé, sans être utile à l'instruction 4. Un autre, qui se cite comme exemple, prétend que les élèves oublient au régiment tout ce qu'ils ont appris à l'école \ On pouvait aussi se demander si renseignement qu'on y donnait devait convenir à des enfants de neuf ans comme à des jeunes gens de seize ans. Aussi, dès 1764, sépara-t-on les plus âgés des plus jeunes, en