Iung, Bonaparte et son temps, t. I, p
6i CHAPITRE VI.
compagnie de cadets disparurent au souffle précurseur des réformes de la Révolution. Le règlement du 9 octobre 1787 les supprima et répartit les cadets, selon leur âge , entre les régiments , où ils entrèrent comme sous-lieutenants , et les douze collèges militaires de province établis en 1776 {.
1. Ane. lois françaises, t. XXVIII, p. 434. — De Monlzey, p. 287. — En 1787, l'état-rnajor de l'école se composait d'un gouverneur, d'un inspecteur général des collèges du royaume, d'un directeur des études, d'un capitaine de la compagnie des cadets, d'un contrôleur général. La garde de la maison était confiée à cent vingt invalides , sous la direction de deux capitaines. {État actuel de Paris, 1788, Quartier Saint-Germain, 2e p., p. 28.)
Ce fut la création la plus originale et peut-être la plus féconde de l'ancien régime, au point de vue de l'éducation militaire, que celle de ces douze collèges où les enfants étaient préparés à l'art de la guerre par des moines. Trois de ces écoles étaient tenues par des minimes, des doctrinaires et des chanoines réguliers de Saint-Sauveur l ; trois par des oratoriens 2 ; les six autres par des bénédictins ;J; et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que jamais, surtout chez les bénédictins, renseignement ne fut plus libéral, plus étendu, plus varié, plus encyclopédique. Le ministre avait voulu qu'il « tendit à rendre à la fois les corps robustes, les esprits, les cœurs honnêtes '*. » Toutes les réformes "préconisées de notre temps , l'enseignement du français , des langues vivantes et des sciences, devenant prépondérant sur celui du la-