‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 6 sur 191 · Mém. de Pontis, t. II, p · texte numérisé non relu

Mém. de Pontis, t. II, p

l'exception des seuls princes du sang, débutassent par être cadets dans ses gardes et qu'ils fissent le même service qu'eux. Saint-Simon s'irrite d'une pareille exigence, inspirée au roi par la pensée que tout service militaire est honorable. « On s'y ployait par force, dit avec dépit le noble duc, à y être confondu avec toute sorte de gens et de toutes les espèces l. » L'égalité absolue n'existait pourtant pas entre volontaires et soldats, ni même entre volontaires. L'uniforme, qui n'existait sous Louis XIII que dans quelques compagnies, n'était pas strictement imposé aux cadets. Outre leur habit de soldat , les cadets du régiment des gardes en avaient un autre qui les distinguait du commun. C'est ainsi que d'Artagnan s'était fait faire un assez beau costume, grâce à une gratification en argent qu'il avait reçue du roi. Besmaux, peu fortuné, s'était fait broder d'or le devant d'un baudrier, dont il cachait la partie postérieure dépourvue d'ornements sous son manteau2. Mais quelle différence entre la tenue et l'équipage d'un cadet de Béarn comme d'Artagnan et celle d'un jeune duc et pair comme Saint-Simon ! A dix-sept ans, celui-ci fait sa première campagne en qualité de mousquetaire. Il emmène un équipage de trente-cinq chevaux et mulets, et de quoi vivre honorablement chez lui matin et soir. Il est non seu-

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