Camille Rousset , Hist. de Louvois, t. II, p
2. Voir les états de service d'officier, qui obtiennent pour leur fils des bourses à l'École militaire : de Folzer est lieutenant pendant cinq ans ; Carrey de Bellemare, 5 ans ; de Rouvrot, 5 ; de Berlaimont , 4; d'Argy, 5 ; de la Barrière, 3; le sieur de Surville, 11; Robert du Châtelet, 6, etc. (Arch. nationales, M. 255.) — De la Blatière, lieutenant en 1718, est capitaine en 1734. Un soldat, devenu lieutenant au bout de 20 ans de service, passe capitaine en second six ans après (1780). — Voici d'autres états de service, à diverses époques. — De Ville, cadet, 1688; lieutenant, 1690; capitaine, 1693; capitaine de grenadiers en 1693. (11 l'est encore en 1737.) — De Chateaupinard, volontaire, 1700; lieutenant, 1701; capitaine, 1704; capitaine des grenadiers, 1726.— Joly de Saint- Valier, volontaire, 1745; capitaine, 1747; commandant de maréchaussée, 1755. — De Rochefort, cadet, 1728 ; enseigne, 1728 ; lieutenant, 1729 ; capitaine, 1733; colonel, 1745; brigadier d'infanterie, 1759 ; maréchal de camp, 1762; lieutenant général, 1780. — Rapy, soldat, 1762; maréchal de logis, 1764; adjudant,
ce n'était pas une règle sans exceptions. Dans certains régiments, l'avancement était plus lent que dans d'autres. Guibert citr, comme un fait anormal, il est vrai, un lieutenant qui sert depuis vingt-deux ans. Je trouve dans un régiment étranger, en 17i3, un lieutenant qui a trente-quatre ans de grade; toute son ambition est de devenir capitaine réformé. Dans la cavalerie, il fallait, pour devenir capitaine en titre, avoir les moyens d'acheter une compagnie, et de plus être quelque peu protégé. On courait le risque de se voir préférer des jeunes gens qui « tombaient des nues , » comme des pages de la chambre ou des «'curies du roi '. Les places de major, parfois celles de lieutenant-colonel, étaient les seules ambitions permises au lieutenant sans fortune.
Kiches ou pauvres savent solliciter et demander. Demandes honorables, lorsque la guerre est sur le point d'éclater et qu'ils veulent, les uns entrer au service, les autres y rentrer. Les officiers à la suite, les officiers réformés prient instamment le ministre de se souvenir d'eux. C'est une généreuse émulation parmi les nobles, qui lui écrivent de toutes parts 2.
1781; porte-étendard, 1783; lieutenant, 1788; capitaine, 1790. On roi! par ce dernier exemple combien les soldats arrivaient moins vite que les volontaires. (Arch. de l'Aube, E. 90G. — P. Leblanc. I ariétés historiques et biographiques, p. 25. — Arch. de la guerre, adm. mil.)
1. Mfin. du chevalier de Keralio, 1787. Arch. de la guerre. — / Kinii h critique, t. ï, p. 180.
2. Juillet 1755. Un recueil des archives de la guerre contient à cette date plus de 180 demandes de ce genre.
En tout temps, l'oisiveté pèse à certains officiers végétant dans leurs provinces avec une solde restreinte. L'un d'eux écrit : « Je suis un cadet de famille, qui n'a jamais eu d'autres objets que celui d'employer son temps et ses soins au service de Sa Majesté. » Un maréchal de camp veut être employé ; mais, comme il a peu de fortune, il trouverait « bien dur d'entretenir un équipage à ses frais pendant l'hiver. » Plus rares et plus désintéressées sont des lettres du genre de celle d'un officier qui refuse une place d'officier réformé, « parce qu'il y en a déjà plus qu'on n'en peut payer *, » ou du genre de celle du chevalier de Chauvelin , qui demande à servir sans appointements. Ces requêtes-là avaient plus de chances d'être accordées que les autres, et Chauvelin eut une réponse affirmative 2.
Quelques-unes se recommandent par la valeur du pétitionnaire et la grandeur des services. Fabert écrit à Mazarin en 1656 : « Monseigneur, il y a trentesept ans que j'étais capitaine d'infanterie ; il y a quarante-trois ans que je sers. J'ai vu soixante-un sièges, beaucoup de combats et deux batailles, èsquelles occasions je me suis élevé de charges en charges jusqu'à la première des armées... Si, Monseigneur, Votre Éminence croit que ce relevé d'une fidélité sans tache soit assez pour lui approuver qu'elle