‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 69 sur 191 · Arch. de la guerre, adm · texte numérisé non relu

Arch. de la guerre, adm

ter, l'instruire, l'exercer et la conduire au combat; il est chargé de L'habiller et de la nourrir. Il est entrepreneur de vêtements et de nourriture; il doit conserver ses hommes comme il conserve ses chevaux, s'il est dans la cavalerie. Aussi a-t-il soin des uns et des autres; il leur témoigne même trop de sollicitude en temps de guerre. On accuse certains capitaines d'agir comme des propriétaires qui ménagent leur bien ; ils exercent rarement leurs hommes pour ne pas abîmer leur équipement , pour ne pas rebuter les cavaliers par des exercices trop fréquents , qui les détourneraient de se rengager ; ils sont peu disposés à entrer de bonne heure en campagne, à fournir des détachements1 . Un homme tué à la guerre doit être remplacé à prix d'argent. S'il faut attaquer un poste difficile , les officiers peuvent être ruinés; ils ne risquent pas seulement leur vie et celle de leurs soldats, mais leur propre bien. Ajoutons que souvent ils le risquent sans arrière-pensée , et qu'ils donnent sans compter leur sang comme leur argent.

Le roi devait les indemniser de leurs pertes. Beaucoup d'entre eux s'étaient endettés de 12 à 1 :>.()00 francs parfois, dans une campagne ; quelquesuns s'étaient vus forcés d'engager une partie de leur fortune. En 1749, Ghauvelin se plaint dans plu-

I. Mémoire sur L'administration des masses de la cavalerie. Arch. de la guerre, adm., 3712, pièce 119.

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sieurs lettres d'avoir « mangé un argent immense à Gênes, pendant la guerre *. » La cour promettait, ne tenait pas toujours, et se contentait de réduire de moitié leurs dettes. Ils avaient, il est vrai, des compensations en temps de paix. Comme ils étaient chargés de l'acquisition des fourrages, ils pouvaient en tirer un gain considérable. Les lieutenants de cavalerie étaient le plus souvent en quartier dans les villages, où ils n'étaient assujettis à aucune dépense de tenue; comme leurs hommes, ils revêtaient un sarrau et parvenaient facilement à épargner une partie de leurs appointements.

Choiseul remédia à une partie de ces abus en enlevant aux capitaines l'entreprise de la solde, de la nourriture et de l'habillement de leurs hommes. L'État se chargea de fournir aux soldats tout ce dont ils avaient besoin ; le capitaine ne tira plus de revenu de ses hommes absents ou présents , ni de ses acquisitions de chevaux. La masse du soldat fut établie, et les abus des « grivelées » et des passe-volants furent désormais impossibles 2.

Responsables de leurs compagnies, les capitaines y exerçaient une autorité à peu près sans limites; ils se réunissaient en corps pour décider de certains détails, pour examiner les questions d'intérêt professionnel; les colonels ni les lieutenants-colonels ne

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