‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 70 sur 191 · Dussieux, V Armée en France, t. II, p · texte numérisé non relu

Dussieux, V Armée en France, t. II, p

pouvaient rien ordonner sans leur avis. Aussi étaientils souvent en opposition les uns avec les autres; la situation du colonel était souvent délicate et difficile; il était obligé de recourir à la persuasion , à l'indulgence, à la condescendance même, pour se faire bien venir de ses capitaines et les faire obéir l.

L'esprit de dénigrement et de critique régnait dans beaucoup de régiments, au dix-huitième siècle. Le jeune officier qui arrivait à son corps y trouvait en général trois partis parmi ses camarades et ses supérieurs : les hommes prudents attachés à leurs devoirs ; les partisans des chefs, dont ils attendaient leur avancement; les gens qui mettaient un faux point d'honneur à ne point leur faire d'avances et à blâmer ceux qui cherchaient à leur plaire. Le jeune officier n'était que trop disposé à se joindre à ces derniers2. C'est un défaut trop commun chez les subalternes que de censurer leurs supérieurs. Quelque bon que soit l'esprit militaire , on s'afflige de voir dans beaucoup de corps le dégoût, le penchant à critiquer les ordonnances comme tout ce qui vient d<s officiers supérieurs. <» Ce vertige, dit-on en 1777, réside principalement dans l'esprit des plus anciens; les plus jeunes s'impriment ces idées; de leur côté,

1. Mémoire du vicomte de Saufield, juillet 1771. Arch. de la guerre, adm., 3712. — Mém. sur l'entretien des troupes, par M. d Castries. Ibid., adm. mil.

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