Autre mémoire. Arch. de la guerre, pol. et dise
ils ne s'appliquent à rien, ont fort peu d'égards et de déférence pour les vieux officiers, qui portent ainsi la peine du peu de dignité et d'attention qu'ils mettent dans leurs paroles1. » Se plaindre des injustices du sort et de leurs chefs a toujours été dans les traditions du vieux militaire français. N'est-ce pas pour lui qu'a été inventé le terme de grognard?
Cet esprit d'indépendance, de critique, d'indiscipline ne se bornait pas toujours aux paroles; il provoquait parfois des dénonciations, des cabales, des résistances qui allaient jusqu'à la révolte. En 1 691 , des officiers s'élèvent contre leur colonel, parce qu'il veut les induire en dépense de cravates noires qui n'auraient pas dû être à leur charge ; le grief est peu sérieux; mais il est regardé comme un symptôme de mutinerie , parce qu'il règne dans ce régiment « un singulier esprit de brigue et de cabale 2. » En 1676, le colonel de Bandeville réunit ses capitaines pour les entretenir d'une question de logements militaires. Un capitaine refuse ouvertement de lui obéir, et comme le colonel l'envoie aux arrêts, le plus ancien des capitaines prend le parti de son collègue ; menacé également des arrêts, il refuse de s'y rendre, parce qu'il conteste à son chef le droit de lui infliger cette punition. Une enquête est ordonnée à ce sujet 3. Des