‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 73 sur 191 · Comte d'Allonville, Mémoires secrets, t. I, p · texte numérisé non relu

Comte d'Allonville, Mémoires secrets, t. I, p

ments qui vont jusqu'au tragique. Le colonel, qui s'irrite de ne n'être pas obéi, met le pistolet à la main; le capitaine, qui a aussi un pistolet, le braque contre son chef. On les arrête parfois , mais pas toujours. Un colonel, qui a tué d'un coup de pistolet un capitaine, est cassé et forcé de donner 10,000 écus d'indemnité à sa veuve; un autre, qui a menacé un major de la même arme, mais sans tirer, est simplement invité à s'abstenir de violences de ce genre1. Un troisième, Custine, a maltraité un major; comme Custine refuse la démission de celui-ci, ainsi que toute satisfaction par paroles et par les armes, le major se tue. Les officiers indignés se révoltent contre le colonel et lui arrachent , dit-on , sa croix de Saint- Louis 2.

Certains colonels s'arrogent même le droit de refuser d'admettre dans leurs régiments des lieutenants nommés par le roi, et le roi, pour faire un exemple, est obligé d'envoyer ces colonels à la Bastille. Un autre y est aussi renfermé pour avoir donné une compagnie, sans ordre du roi, à un officier changer à son régiment0'.

La discipline parmi les officiers n'était pas toujours maintenue, comme on le voit, parles châtiments dont on les menaçait et qui leur étaient infli-

t. La Conduite de Mars, IC80, p. 44, 101, 27.

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