Paris et Versailles de 1762 à 1789, p
3. Ravaisson, Archives de la Bastille, 1693, t. X, p. 10, 11, 70 t. il. 9
gés ; ls consistaient surtout dans la privation de congés,' dans la réduction de leur paye, dans l'obligation d'exercer les recrues et les maladroits du régiment1. La peine la plus grave était la cassation de leur grade. Elle s'exerçait arbitrairement et sans contradiction par la seule décision du ministre. Un cabier de la noblesse en 1789 se plaint de ce qu'un colonel d'infanterie et un capitaine ont été privés de leurs emplois, et ce dernier de sa liberté, sans avoir été jugés ni pu se justifier 2 .
Ce qui irrite les capitaines vieillis sous le harnais, et qui n'espèrent point s'élever au-dessus de leur grade, c'est de voir des jeunes gens, des enfants presque, tomber, pour ainsi dire, des nues pour les commander. Depuis Louis XIV, la cour leur envoie des colonels de quatorze à dix-sept ans, de sept ans même, comme le duc de Fronsac. Il est vrai que ces enfants se battent comme les autres; le fils du maréchal de Boufflers, que son père veut accompagner comme volontaire, donne à la tête de son régiment, à la bataille de Raucoux, combat avec la plus grande valeur et voit deux pages tomber à ses côtés 3. « En France, dit le maréchal de Saxe, un jeune homme de naissance regarde comme un mépris que la cour fait de sa naissance, si on ne lui confie pas un régiment