‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 76 sur 191 · Nouvelles constitutions militaires, t. II, p · texte numérisé non relu

Nouvelles constitutions militaires, t. II, p

dans les boudoirs, où ils font de la tapisserie ou des broderies ', que sur les champs de bataille. Leur unique ambition est de passer, en se donnant le moins de peine possible, les années qu'il leur est nécessaire d'accomplir pour obtenir un brevet d'officier général .

Il est vrai qu'ils sont contrôlés et que la tenue de leur régiment est sévèrement examinée par les inspecteurs généraux. Ceux-ci, depuis Louvois, mettent des bornes à leur autorité, la redressent, la suppléent ; plus d'un colonel se plaint même de leur despotisme et de leurs minuties2. Il est vrai surtout qu'ils ont à côté d'eux un officier, qui est l'âme et le véritable chef du régiment, qui lui consacre tout son temps et toute son expérience, qui veille à sa tenue, à ses exercices, à sa discipline : c'est le lieutenantcolonel.

Celui-ci est l'antithèse vivante de son chef. Le premier est jeune, riche, de haute qualité, bombardé d'emblée ou à peu près au grade supérieur qu'il occupe ; l'autre est âgé, peu fortuné, de petite noblesse, quand il n'est pas fils de bourgeois, arrivé à son rang en franchissant lentement toutes les étapes de sa carrière. Il sait tous les secrets, tous les détails du métier; il a souvent rempli les fonctions de major,

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