De Boussanollo, le Bon Militaire, 1770, p
2. Paris, Versailles et les Procinees, t II, p. 204 à 209, 202.
sur le commandant du Bar ail, du régiment du Roi : « Il est brave homme, sage, et a de l'application; point intéressé ; il est craint et estimé dans le régiment, sachant se faire obéir, et est très propre à inspirer de bons sentiments à de jeunes gens. » Aussi est-il « bon pour être lieutenant-colonel et dans la suite colonel1. » Peu d'entre eux obtiennent pourtant ce dernier grade ; dans les gardes françaises, ils vendent leurs charges ou deviennent gouverneurs de villes fortes situées sur les frontières2. Lorsqu'ils ont un mérite supérieur, ils peuvent atteindre d'emblée le grade envié d'officier général.
Celui-là était d'ordinaire aussi l'apanage des gens de qualité, des colonels influents ; il s'y glissait cependant des officiers de fortune , qui s'étaient distingués sur les champs de bataille ou dans les garnisons. La qualité du général dépendait des qualités personnelles de l'homme ; quand l'instinct guerrier s'était éveillé spontanément chez lui, quand il était doué d'une manière heureuse, c'était un Condé ou un Luxembourg ; quand le génie lui faisait défaut, quand la fortune lui était contraire, c'était un Villeroy ou un Soubise. On pourrait citer des officiers généraux de tout genre, parce que comme ils sont
1. Notes de 1703. Recueil Cangé, t. V. Un autre commandant n'a pas assez de talent, selon l'inspecteur, pour devenir major, ni lieutenantcolonel. 11 le devient pourtant.