‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 81 sur 191 · Almanach royal pour 1789. p. 156 à · texte numérisé non relu

Almanach royal pour 1789. p. 156 à

taient pas on activité de service' ; pour la plupart de ceux qui fréquentaient la cour, le grade de lieutenant général était un titre honorifique; il ne les astreignait à aucun service, si ce n'est en cas cle guerre, où ils étaient obligés de solliciter un commandement que la multiplicité des demandes rendait parfois difficile à obtenir. D'autres étaient gouverneurs de province, sans être astreints à la résidence; quelquesuns étaient lieutenants généraux de ces gouverneurs. Les maréchaux de camp étaient également inoccupés pour la plupart en temps de paix ; cependant les inspecteurs généraux des différentes armes, notamment ceux de l'artillerie et du génie, se recrutaient parmi eux.

Les rapports entre les officiers généraux ou supérieurs et leurs inférieurs étaient en général empreints de cordialité et d'urbanité. Ils se considéraient tous comme étant d'une espèce différente de celle des soldats, et même entre nobles et roturiers il existait une sorte d'égalité qui tenait à la conformité de la profession. Ils n'auraient pas souffert d'un supérieur ni un mot ni un geste offensant, et plus d'un supérieur Be prètail de bonne grâce à une réparation exigée-. Lorsque le régime allemand prévalut dans l'année,

l. Examen critique du militaire français, t. I, p. 178. — L'auteur de ce livre dit que le plus grand nombre reste dans l'inaction. Il ii" compte que i<ii; maréchaux de camp.

• ' omte de Vaublanc, Mém., p. 65.

le commandement devint plus sec et plus hautain. Les chefs employaient souvent à l'égard de leurs subordonnés des propos que ceux-ci trouvaient déplacés ; les chefs disaient qu'ils étaient parfois poussés à bout par le mauvais vouloir de leurs subordonnés. C'étaient surtout les jeunes officiers qui mettaient le plus de rudesse dans leurs ordres1. Les généraux y conservaient plus de courtoisie; un jour, le maréchal de Broglie, dérangé dans un travail pressé, par un adjudant, lui dit avec impatience : « Allez au diable! » mais il reprit aussitôt : « Restez ! vous seriez capable de m'obéir2. » En tous cas il était interdit déporter la main sur un officier ; un lieutenant-colonel ayant pris par le bras un lieutenant récalcitrant qu'il voulait faire conduire en prison , une enquête fut ordonnée sur ce fait par le maréchal de Contades3. La politesse jouait un grand rôle dans les rangs élevés de l'ancienne société française. Elle attachait un prix infini aux formes et aux formules. Des officiers ne supportaient pas qu'on employât à leur égard dans la correspondance officielle des termes inférieurs à ceux auxquels ils croyaient avoir droit. En 1718, le comte d'Évreux, colonel général de la cavalerie, s'étant avisé de terminer ses lettres d'une

1. Nouv. const. mit.,, t. I, p. 13. — Mercier, t. VI, p. 319.

2. C.-J. Weber, Démokritos, cité par M. Grand-Carteret (la France jugée par V Allemagne, p. 41.)

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