‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 83 sur 191 · PaulBoileau, État delà France en 1789, p · texte numérisé non relu

PaulBoileau, État delà France en 1789, p

4. En 1714, les colonels réformés servent deuxmois par an, et reçoivent 900 liv. d'appointements.

5. On remarque qu'en 1630 les capitaines et les lieutenants n'avaient

mais ils avaient des bénéfices qui les portaient en 1748, à V,267 liv. 688d; en 177-2, à 5,216 liv.1. Au delà des traitements fixés, il faut toujours tenir compte des rations2, parfois des profits sur les vivres et T habillement, souvent des pensions et des gratifications.

En temps de guerre, les traitements étaient presque doublés pour les officiers supérieurs, augmentés d'un tiers pour les autres. Ils s'élevèrent dans une proportion notable sous Louis XVI. Necker remarqua qu'aux camps de Bretagne et de Normandie, en 1779, ils étaient trois fois plus considérables que ceux dont on s'était contenté dans la guerre précédente 3. Les officiers coûtaient plus cher à l'État que les soldats. Ceux-ci n'étaient inscrits au budget «pie pour U, 100,000 1., les officiers pour 46,800,000-

ni plus ni moins de paye qu'en 1748 (État de la création du régiment «li-. -aides françaises. Manuscrit de la Bibliothèque Carnavalet.)

1. Voici quelques chiffres de traitements, selon les grades et les années: colonel des gardes, 7,200 (1689), d'infanterie, 2,400 (1689), 4,500 (1763), 1,500 1771), 6,000(1781); mestredecamp des carabiniers de Monsieur. 12,000(1776); lieutenant-colonel des gardes, 3,000 (1689), 3,600 (1771),

6, > (1781); major des gardes, 1,500 (1600), 1,920 (1689), 3,000 (1771),

5.000 (1781); aide-major, 1,800 et 1,500 (1771); capitaines degrenadiers,

'. de fusiliers, 2,152 (1750), 2,000 (vers 1762), 2,400 (1776); lieutenants, 1,000 (vers 1750), 900 et 1,200 (1762), 1,100 et 900 (1771), 1,230 et 1,080 (177G).

2. In capitaine réformé de dragons servant à la suite d'un régiment touche par jour 4 rations de fourrage et 4 places d'ustensiles, estimés 720 I.; mais ses appointements ne sont que de 300 1. (Arch. de l,i guerre, adm., 2766.)

::. Voir, à l'Appendice, le tableau des traitements en 1718.,

Cependant beaucoup de capitaines et de colonels à la suite servaient sans rétribution; sept ou huit cents officiers n'avaient d'appointements que lorsqu'ils étaient employés; mais ils n'en touchaient pas moins despeusions, parfois plus élevées que leur traitement1.

Un certain nombre d'officiers cumulaient. En 17*28, un Sr de Kleinholt touchait 3,500 fr. comme mestre de camp réformé de dragons, 1,800 fr. comme capitaine en pied d'une compagnie franche, et 6,000 fr. comme brigadier, dont il ne remplissait pas les fonctions 2.

Les places de majors et de lieutenants de roi dans les villes étaient recherchées par les officiers qui voulaient y terminer paisiblement leur carrière. Elles étaient assez lucratives pour des hommes de goûts modestes, et leur produit pouvait se cumuler avec leurs pensions. C'est ainsi qu'en 1726 les lieutenants de roi d'Huningue et de Montlouis touchaient avec 2,400 et 3,000 liv. d'appointements des pensions de 2,000 liv. chacun. Le major de la citadelle de Montpellier n'avait que 2,058 liv.; mais le gouverneur de la citadelle de Lille a des profits considérables : il jouit d'un droit de cantine qui, d'après un traité fait avec la ville, lui rapporte 6,000 liv.; il a de plus le droit de vendre à son profit l'herbe et le bois des remparts

1. Necker, Considérations sur les finances de la France, t. II, 325, 307, 304.

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