Arch. de lu guerre
2. Les brigadiers de cavalerie et les maréchaux des lo^is de l'année touchaienl 6,000 l.,lesaides de camp 1,8001. Les inspecteurs ont 2,0001. par quartier, etc. (Recueil Cangé, t.LXl; 1728, 1733, 1755.)
comme gouverneur de Franche-Comté, dont il remplissait les fonctions depuis quinze ans. « Il est constant, affirme-t-il, qu'il a mangé tous les ans dans sa place plus de cent cinquante mille francs. » C'était soutenir noblement sa charge de lieutenant général qu'il avait payée 240,000 liv. et qu'il avait obtenu de faire passer à son frère *.
11 est assez difficile de.plaindre des grands seigneurs qui tiraient 150,000 liv. de leur bourse pour représenter dignement le roi, parce qu'ils avaient d'ordinaire une fortune assez grande pour y suffire. Ce qui était plus fâcheux, c'était le sort des lieutenants et des autres officiers subalternes, qui pouvaient à peine satisfaire à leurs besoins avec des traitements de 1,000 à 1,200 livres. En campagne, quelques-uns vendent jusqu'à leur épée d'argent et ne peuvent se procurer de la viande2. Triste est le sort de ceux qui n'ont pas de patrimoine ou à qui leurs parents refusent de donner de l'argent. C'est le cas de deux fils du comte d'Uzès, victimes de l'extrême dureté de leur père. Ils ne vivent que de leur paye. L'un d'eux est au camp avec deux chevaux seulement, l'un pour lui, l'autre pour son valet; il n'a ni tente, ni lit, ni draps; il couche tout habillé dans la tente d'un lieutenant;
1. Archives delà guerre, adm., 2709, 2619, 3418. — Les états du Languedoc donnaient, en 1779, 12,000 fr.au commandant en chef de la province. (Inv. arch. Hérault, p. 652.)